Le Palais de Cristal: Album de l'exposition: journal illustré de l'exposition de 1851 et des progrès de l'industrie universelle — Paris, 1851

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NUMÉRO 7.

ADMINISTRATION : PASSAGE JOUFFROY,'.24.

SAMEDI SU JUIN 1851.

LE PALAIS

DE CRIS'JPAL

'

JOURNAL ILLUSTRÉ DE L'EXPOSITION DE 1851 ET DU PROGRES DES ARTS INDUSTRIELS,

ABONNEMENTS pour Paris et les Départements, as fr. pour la durée de l'Exposition : six mois environ : port en sus pour l'Etranger. — L'on s'abonne, à Paris, à
l'Administration du Journal, 24, passage Joutïrov. boulevart Montmartre, et chez MM. Susse frères, place de la Bourse, 31 ;—Londres, chez MM. Owhin, Newsman, \,
Catherine Street; Delîzv, 15, Régent Street, et Clavton et Salmer, 263 Strand, 293 PicadHly;— pour l'exportation, chez Hector Bossange, 13, quai Voltaire; — à Rouen,
chez M. Le Brument, libraire, ainsi que chez les principaux libraires de France et de l'Etranger, et aux Bureaux de Postes et des Messageries Nationales. — L'abon-
nement donne droit aux consultations et renseignements dont l'Abonné pourrait avoir besoin à raison de son industrie et de ses relations commerciales. — Les de-
mandes d'Abonnement doivent être adressées franco et être accompagnées d'un mandat sur la Poste ou sur une maison de Paris. — Correspondants à l'Etranger : —
Pour l'Allemagne, M. Alexandre, libraire, à Strasbourg;—pour tout le Zollvereïn, M.WolIff, à Francfort~sur-Mein ; — pour l'Espagne, M. Monnier, libraire de S. M.
la Reine, à Madrid; —pour la Belgique, M. Beneau/directeur de la Presse industrielle, rue de Laefcen, JS, à Bruxelles;— pour l'Angleterre, au bureau du
Palais de Cristal, 2, Catherine street (Strand), à Londres. — Toutes les lettres concernant l'Administration et la Rédaction doivent être adressées franco au Bureau
du Journal, à Paris, 24, passage Jouffrov. — Les mandats de poste ou sur Paris doivent être adressés franco à l'ordre du Gérant.
S'adresser à l'Administration pour les Annonces, et chez M. Dollingen, 83, rue Richelieu, à Paris.

SOMMAIRE.

De In Propriété et «le l'exploitation de» Inventions. —
Bulletin Industriel.—Démonstration de la rotation de la terre
par le pendule.— Courrier de Londres.— tes Économistes
français à Londres. — Mystificateurs mystifies. — Bévue de
l'Exposition universelle. — L'Album des gens de lettres nu

Palais de Cristal.— Piecing-Machine de firossley pour la manufac-
ture des lainages. — Convention douanière entre la France et la
Sardaigne. —Lit fHorale de l'Industrie.— Armées scienti-
fiques.— Armées Industrielles. — Roue à palette en éventail,
de M. Lee Stevens. — Courrier de Paris.— Dernières nouvelles de

Londres. — Formaîités pour les tmportalions. — Utilisation de la
fumée dans la navigation. — La vapeur et la voile.— Chemin de fer
d'Alexandrie au Caire. — Lignes à vapeur. — Variétés biblio-
graphiques : De l'influence des mécaniques sur le prix des sa-
laires et le bien-être du peuple. —Explication des dessins.
— Correspondance, etc., etc.

DE LA PROPRIÉTÉ
ET pe l'exploitation

DES INVENTIONS.

Lesdroits des inventeurs sont
mal définis et mal garantis par
les lois. Faut-il s'en prendre aux
législateurs qui les ont faites,
refondues, perfectionnées, qui
s'en occupaient jadis pendant
une session et qui s'en occupent
aujourd'hui du 4 "janvier jus-
qu'à la Saint-Sylvestre? Nous
ne le croyons pas.

Quels sont les moyens offerts
à l'inventeur pour exploiter uti-
lement sa découverte ou son in-
vention ? Quand le mécanicien
ou l'artisan ont agencé une ma-
chine, formulé un procédé nou-
veau, fruit de leurs recherches
et de leur expérience, ils pren-
nent un brevet d'invention. La
définition de l'élément indus-
triel de leur création est confiée
au papier légal et déposé dans
les archives de l'État. Survient
un autre industriel qui change
quelque chose au procédé, qui
déplace un rouage ou en ajoute
un nouveau, et voilà que ce nou-
vel inventeur ou peut-être ce
plagiaire a droit de déposer, lui
aussi, dans les archives et d'ins-
crire légalement sous son nom
une chose qu'il n'a que modifiée
ou perfectionnée.

On répond à cela qu'il y a
des juges à Berlin. Mais les
juges sont institués pour établir
des distinctions, et pour appli-
quer la lettre, toujours forcé-
ment élastique et plus ou moins
indéterminante, de la loi, à des
faits qui, souvent, surprennent
le juriste et le mettent dans l'embarras, non pas
lui seulement, à cause de la distance qui sépare les
connaissances spéciales, des obscurités de la tech-
nologie, mais les technologues eux-mêmes, les ex-

DIBUOTBEQGE EN PALISSANDRE.

perts-jurés dont il invoque à son secours le senti-
ment et l'opinion.

Quelle est la marche à suivre pour se réserver la
propriété d'une forme, d'un dessin nouveau? Com-

ment le fabricant de bronzes,
l'industriel céramique, l'ébénis-
te, etc., peuvent-ils se créerune
garantie légale du modèle de
leur invention ? Il y a bien la
formalité du dépôt de leurs mo-
dèles et de leurs dessins au Tri-
bunal de commerce. Mais sur-
vient un praticien qui change
un iota à la donnée, qui dé-
place une fleur, une anse, un
relief, qui dénature un peu le
galbe, qui change la destina-
tion de l'objet, etc., et voilà
notre artiste dépouillé, d'une si
complète et normale façon (au
point de vue légal) que le prati-
cien en question n'a qu'à dé-
poser à son tour au Tribunal de
commerce le modèle altéré ou
modifié, pour se créer un titre
légal à cette propriété d'em-
prunt. Il peut plaider, cette
preuve à la main et gagner son
procès, même par devant ex-
perts.

C'est ici, plus encore qu'en
matière de mécanique, d'appli-
cation des sciences exactes à
l'industrie, qu'il serait puéril
d'invoquer les juges de Berlin.
Les arbitres nommés par le
Tribunal de commerce pourré-
sondre ces difficultés sont
choisis d'ordinaire dans les
branches d'industrie analogues
et spéciales, et ces juges esti-
mables sontsouvent eux-mêmes
fort embarrassés.

C'est que la question d'imi-
tation, de plagiat, en matière
d'art, est beaucoup plus insai-
sissable qu'en matière scienti-
fique. Un métier imité d'un au-
tre métier se reconnaît encore;
mais une forme, un ornement, un des mille caprices
du dessinateur et du modeleur ? Il n'y a plus là de cri-
térium certain, et l'imitateur ignore quelquefois lui-
même qu'il a imité.
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