Amélineau, Emile  
Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction (Band 1): Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction — Paris, 1888

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E. AMÉLINEAU.

palme de long, il étendit sa main, la prit et s'en retourna au monastère. Et ensuite
notre Seigneur Jésus vint vers notre père, ils marchèrent ensemble, ils augmen-
tèrent les fondements du monastère; et ainsi mon père désigna les manœuvres,
les artisans, les maçons et les charpentiers. Ils travaillèrent à l'église et ils l'ache-
vèrent, le Seigneur les aidant en tous travaux et en toute chose dont ils avaient
besoin.» Il est évident au premier coup d'œil que le récit n'est pas complet et qu'il
ne suffit pas de trouver une bouteille d'une palme de long pour pouvoir bâtir un
monastère comme celui que bâtit Schnoudi et que j'ai vu, car il existe encore. Le
récit primitif devait dire ce que contenait cette bouteille; et en effet, la vie arabe
dit que la bouteille était remplie de pièces d'or, et elle ajoute beaucoup d'autres dé-
tails sur cette construction qui a été l'une des œuvres les plus durables de Schnoudi.

Je pourrais multiplier ces exemples, car il y a beaucoup de récits où l'on sent
des lacunes dans la vie memphitique et où la vie arabe fournit des détails qui
complètent la narration et satisfont l'esprit étonné du lecteur. Les deux passages
que j'ai cités suffisent, j'espère, à montrer que mon induction n'est pas chimérique;
mais qu'elle repose sur des faits assez nombreux et assez probants. La vie mem-
phitique contenue dans le manuscrit de la Vaticane n'est donc pas l'œuvre génuine
de Visa : ce n'est pas une biographie, ce n'est qu'un abrégé fait par un moine
pieux pour la plus grande gloire de Dieu et pour le profit des lecteurs qui devaient
y trouver ample matière à édification.

Cette conclusion ne doit pas cependant faire nier l'œuvre même de Visa. Que
Visa ait écrit une vie de son maître Schnoudi, c'est ce que tous les documents con-
cordent à prouver. Comme l'abrégé copte, la vie arabe est attribuée à Visa, le
disciple de Schnoudi et son successeur. Ce Visa nous est d'ailleurs connu par
d'autres monuments. Dans le Panégyrique de Macaire de Tkôou, attribué au pa-
triarche Dioscore et que j'examinerai bientôt, Visa est dit avoir été le successeur
de Schnoudi après sa mort, comme il était son vicaire de son vivant. En outre
le musée de Naples possède des écrits qui sont sans contredit l'œuvre personnelle
de Visa1 : ce sont des lettres et des sermons où l'on voit clairement que la méthode
de composition est la même, et aussi le style, que dans le résumé memphitique.
En effet à chaque instant, comme on pourra s'en apercevoir en lisant les docu-

i. Zoëga, Càt. cod. copt., n. CCII—CCVII, 5o2 — 5i5.
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