Amélineau, Emile  
Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction (Band 1): Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction — Paris, 1888

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E. AMÉL1NEAU.

en l'honneur de Schnoudi, le jour anniversaire de la mort du prophète archiman-
drite. Le catalogue de Zoëga contient la mention d'un autre discours semblable :
oinievôHKHCic *vre iiettneToirè^k hcicot doiev Cmc^v nô.p^HM^H2^piTHc nT^q-
t^ttoc om neoooir Mïip nMeeire AMieu2£-oeic hjoot .vuipocpHTHC euiev ujeucryTe
îicot c^ujq AuieftoT enncp. on cnrespHHH tiTe imoirre o^mhii ; c'est-à-dire : Dis-
cours de notre saint père apa Visa l'archimandrite, lequel il prononça le jour où
l'on fait commémoraison de notre seigneur père, le prophète apa Schnoudi, le
septième jour du mois d'Epiphi.1 Ce discours dont il ne reste malheureusement
qu'un feuillet n'est certainement pas le même que celui qui nous a été conservé
en arabe, car le commencement n'est pas semblable. En effet, après avoir prié
Dieu de bénir la multitude assemblée en son nom dans le lieu saint et en l'honneur
de son serviteur, le saint apa Schnoudi, il s'écrie en s'adressant à Schnoudi lui-
même par une prosopopée hardie : «Tu as été honoré dans ta vie et honoré dans ta
mort; ton nom sera béni près de nous et près de Dieu. La parole de David est
vraie : «On conservera éternellement la mémoire du juste;» et «Ton souvenir durera
de génération en génération.»2 Nous connaissons les souffrances que tu as endurées
sur cette montagne, nous savons ton amour pour les pauvres, et Dieu n'oubliera
ni tes larmes, ni tes prières, ni tes nuits passées dans la veille.»3 On aura beau
chercher dans le document que je publie, on ne trouvera pas trace de semblables
paroles. Je dois même dire que le ton de ce dernier panégyrique me semble tout
autre que celui du premier : Visa était sans doute un virtuose qui savait varier sa
manière, tout comme les grands poètes de nos jours. Il n'est pas étonnant d'ailleurs
qu'il ait eu à le faire, car ce qui se produisit à l'époque où il prononça le discours
conservé dans la traduction arabe, dut se reproduire chaque année, et chaque année
les nombreux pèlerins tout aussi avides que les premiers d'entendre les louanges
du grand Schnoudi durent presser Visa de leur faire un panégyrique. Or tant va
la cruche à l'eau qu'à la fin elle se brise; il faut en changer : de même Visa ne put
pas toujours servir le même morceau à ses auditeurs, il dut changer de ton et varier
sa mélodie. Il le fit.

Que le texte arabe ait été traduit du copte, c'est ce qui sera évident pour qui-

1. Zoëga, Cat. cod. copt., p. 5i6.

2. Le premier texte est tiré du Ps. i i i, v. 7 et le second du Ps. 134, v. 13.

3. Voir le texte dans Zoëga, loc. cit., p. 5 16—5 17.
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