Amélineau, Emile  
Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction (Band 1): Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction — Paris, 1888

Seite: LXXXIX
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MONUMENTS, ETC.

LXXXIX

tu es dans ce grand service : maintenant quitte ce corps et viens vers nous.» Ces
paroles indiquent bien quelle était la croyance générale sur la mort de Schnoudi.

Une seule objection peut être faite à cette date : cette objection se tire du récit de
la mort de Nestorius d'après l'auteur de Y Éloge de Macaire. J'y répondrai d'abord
en disant que ce récit est pour moi une pure fantaisie, loin d'être historique, et
comme il n'y a que ce seul témoignage sur la manière dont Nestorius serait mort,
la langue rongée de vers, je le rejette complètement. En outre il peut parfaitement
se faire que Macaire et Dioscore fussent déjà partis pour le concile et rendus à
Constantinople, s'ils y sont allés, à l'époque où Nestorius et Schnoudi moururent.
Le fait que l'archimandrite Paphnuti de Tabennîsi passa un an à Canope entre le
départ et le retour de Macaire vient à l'appui de mon sentiment que je crois solide-
ment établi. Schnoudi est donc mort en 40 i à l'âge de cent dix-huit ans : par con-
séquent il est né en 333, et, sous le patriarchat de Timothée, deuxième successeur
de S1 Athanase, il avait environ cinquante ans.

Cette discussion d'un problème important mettra fin à l'examen critique des
documents publiés dans ce volume. Je dois maintenant dire quelques mots de la
manière dont j'ai traduit et édité les textes coptes et le texte arabe.

J'ai voulu faire une édition critique autant que cela m'était possible. Les textes
coptes offrent une quantité assez considérable de fautes évidentes et de passages
que j'ai regardés comme fautifs. J'ai corrigé les uns et les autres. J'ai de même
corrigé l'orthographe des mots grecs passés dans le texte copte. Ces mots grecs se
présentent à nous sous une orthographe très capricieuse, même fantastique :1e même
mot répété deux fois s'écrit souvent de deux manières différentes et il faut quel-
quefois de très bons yeux pour découvrir le mot grec auquel on a affaire.1 J'ai
donc rendu leur forme primitive aux malheureux estropiés; mais j'ai toujours eu
soin en ce cas, comme dans les deux autres, de donner en note la leçon des ma-
nuscrits, de sorte que le lecteur sera toujours à même de voir si j'ai eu raison ou
non dans mes corrections. Pour ce qui regarde l'orthographe du copte, j'ai tâché

i. Cette variété d'orthographes pour le même mot provient souvent de l'iotacisme, de l'emploi in-
différent des muettes de même ordre les unes pour les autres, etc. Chaque fois que le même mot con-
tenait deux fois le son i exprimé en grec par deux lettres différentes, on est presque sûr que les Coptes
les transposeront et qu'ils écriront un-n^moc pour Riit^is-noc. De même pour les muettes. De plus le
mot est quelquefois méconnaissable. C'est ce danger que j'ai tâché de conjurer.

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