Amélineau, Emile  
Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction (Band 1): Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction — Paris, 1888

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MONUMENTS, ETC.

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trouve cette phrase : il s'en alla et il mourut, il est persuadé que c'est le même per-
sonnage qui s'en alla et mourut après s'en être allé; en copte c'est ordinairement
un autre personnage qui s'en alla et un autre qui mourut. J'ai tâché de remédier
le plus possible à cet inconvénient sans trop alourdir ma phrase. Si quelquefois la
phrase est trop lourde, si elle offre la répétition de mêmes mots, je prie le lecteur
bienveillant d'avoir égard à la difficulté et de penser que j'ai voulu rendre tous les
mots du texte, de sorte qu'un commençant pût trouver dans ma traduction jus-
qu'aux plus petites nuances du texte et s'en servir comme d'une traduction mot-
à-mot, sans qu'elle le soit. Quand la clarté du sens a exigé un léger écart ou quelque
courte paraphrase, j'ai toujours répété en note le mot-à-mot, et j'ai mis entre paren-
thèse les particules ou les mots qu'exige la construction propre à notre langue dans
ses phrases. J'ai cherché en outre à rendre autant que je l'ai pu la naïveté de mes
documents. Ai-je réussi? je ne sais; mais je n'ai rien négligé pour réussir. Je
demande seulement qu'on ne m'impute pas les défauts de mes textes antiques.

Je dois aussi prévenir le lecteur de quelques phénomènes propres à la manière
égyptienne de composer. A chaque instant on trouve dans les textes coptes comme
dans les anciens textes hiéroglyphiques et hiératiques, des locutions comme celles-ci :
Beaucoup de jours après cela, longtemps après, etc.; ces sortes de locutions ne signi-
fient absolument rien ou signifient simplement quelquefois le lendemain. En général
les conteurs égyptiens n'attachaient aucune importance à la notion précise du temps :
ces formules leur remplissaient bien la bouche, c'est tout ce qu'ils demandaient;
ils s'en servaient comme de phrases vagues, comme nous disons vulgairement :
et puis, ou après cela. Il ne faudrait donc pas bâtir de système chronologique sur de
pareilles données. Une autre bizarrerie de la construction copte est la suivante. Tou-
tes les fois que deux actions se suivent immédiatement et sont faites par le même
agent, le copte fait toujours marcher la charrue avant les bœufs et usait fort de la
figure de rhétorique nommée ainsi par les Grecs. Quand donc on rencontre des
phrases comme celles-ci : Il s'assit et s'en alla; il ne faut pas comprendre que celui
qui agit s'en alla après s'être assis, mais qu'il alla s'asseoir. Cette particularité pro-
vient sons doute de l'ancienne langue où la nuance de certains temps s'exprimait
d'une manière semblable, mais sans copulative, comme c'est le cas en copte.

La traduction du panégyrique arabe a été faite dans le même sens et d'après
les mêmes principes. Je n'ai pas la prétention de connaître beaucoup l'arabe : je

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