Amélineau, Emile  
Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction (Band 2): Aux IVe, Ve, VIe et VIIe siècles: textes et traduction — Paris, 1895

Seite: 503
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INTRODUCTION

du roi. Alors il la cacheta et leva la tête ainsi et pria le Seigneur, disant :
« O Dieu grand, mon roi, Jésus le Messie, rends-moi digne de voir celui qui
prendra cette lettre. » Alors voici qu'il la jeta en haut vers la nuée qu'il avait
vue, et le saint étendit la main en dehors de la nuée et prit la lettre ; sa main
resta un moment étendue, il bénit le roi, et aussitôt la nuée disparut et fit
arriver le saint dans sa prison nuitamment avant l'apparition de la lumière.
Et le lendemain, l'émir monta, ainsi que le vali d'Antinoé et le vali d'Asiout;
ils entrèrent de compagnie vers le saint et le saluèrent ; il leur donna la lettre,
ils la lurent et se réjouirent d'une joie grande, rendirent gloire à Dieu et
glorifièrent le Dieu d'Israël. Et sur-le-champ, ils descendirent à la ville et
détruisirent le cirque comme le roi l'avait ordonné, et la ville fut intacte, ainsi
que ses habitants. Puis l'émir retourna vers le roi avec une grande joie à
cause de la guérison de son fils, il raconta au roi tout ce qu'il avait vu
d'étonnant de notre père saint, le père Jean. » Puis vient l'histoire d'un
tailleur de pierres qui faisait de la chaux et qui, en cassant une pierre, dé-
couvrit un trésor, se rendit à Constantinople où il acheta le gouvernement
de la ville d'Asiout, puis n'eut rien de plus pressé que de faire sentir sa
tyrannie et son injustice à ses subordonnés, histoire classique en Egypte.
Enfin la notice se termine ainsi : « Et le père fit des miracles nombreux,
étonnants, il guérit les malades atteints de toute sorte de maladies, chassa
lessatans, et après cela, il mourut, il alla vers le Seigneur qu'il aimait. Que
le Seigneur Dieu nous sauve de ce temps par ses prières. Ainsi soit-il »

Si l'on veut se reporter aux passages correspondants que je publie, on
n'aura pas de peine à se convaincre que cette notice a été assez négligemment
faite, que les événements ne se suivent guère, mais que dans certains points
elle est plus vraisemblable que le récit du Musée de Naples, car le récit de la
sédition de Siout et des événements qui s'ensuivent provient du Musée de
Naples. Je crois bien que nous avons là encore une ingéniosité de Messieurs
les Scribes. Quoi qu'il en soit, le récit reste à peu près le même et l'empereur
dont il s'agit ne peut être que Théodose le Grand. Qu'il y ait eu une sédition
à Siout, la chose est fort possible et vraisemblable ; mais que cette sédition
ait eu pour cause la rivalité de deux factions du cirque, dont l'une aurait été
victime de l'autre, c'est ce qui me paraît moins vraisemblable. En outre, que

i. Synaxare, 21 Athor.
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