Amélineau, Emile  
Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction (Band 2): Aux IVe, Ve, VIe et VIIe siècles: textes et traduction — Paris, 1895

Seite: 513
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INTRODUCTION

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et femmes, et il alla de son couvent an couvent du père Mesîs; il trouva les
outres ouvertes et qu'on avait copié les canons qu'elles contenaient. Cela lui fut
pénible, il les réprimanda et dit : « Si ces outres étaient à un autre qu'à
moi, vous n'auriez pas osé les ouvrir. » Et le supérieur du couvent du père
Mesis se prosterna devant lui, lui demanda pardon et lui dit : « C'est une
lumière qui s est répandue sur nous; que cela ne te soit pas pénible. » Et il
alla vers son couvent avec les canons, et il les lisait à ses enfants, hommes et
femmes, les leur apprenait et leur prêchait. Une nuit, pendant qu'il était à
prier, l'ange du Seigneur lui apparut et lui dit : « Certes le Seigneur t'a appelé
a la dignité du sacerdoce. » Et il lui dit: a 0 mon Seigneur, comment oserai-je
m'y présenter lorsque je ne sais rien des canons de la Messe ! » Et l'ange les
lui apprit et lui ordonna de commencer la liturgie du père Sévère, le grand
patriarche. Le saint la lut aussitôt et l'acheva; puis, il alla vers l'évêque qui
l'ordonna prêtre et il fit la messe selon cette liturgie. Et il y avait un homme
des gens de Eargoud, il dit à sa femme : « Tu sais, 6 ma sœur, qu'il y a
une grande sécheresse qui se répand sur le pays d'Egypte : décide un dessein
que nous accomplirons. » Et ils prirent leur blé, le jetèrent dans une fosse, il
y en avait dix ardebs, ils placèrent dessus une eulogie et le scellèrent. Et il lui
dit : « Va vers le couvent des femmes, et moi, j'irai vers le couvent des moines
près du pere anba Ephrahàm jusqu'à ce que soient passés les jours de la
sécheresse ; puis nous reviendrons chez nous, nous trouverons le blé mis de
côté et nous en mangerons. » Et ils firent ainsi. Lorsque fut passée la sécheresse
et que les prix furent bas, il vit un songe, comme si un homme lui donnait
la moitié de 1 eulogie qu'il avait placée sur le blé dans la fosse. Il s'éveilla
effrayé, il trouva la moitié de l'eulogie dans sa main ; il alla aussitôt au
couvent des femmes, appela sa femme, lui apprit ce qu'il avait vu en songe
et lui montra la moitié de l'eulogie. Et elle lui dit: « Moi aussi, j'ai vu ce
même songe. » Elle lui montra la moitié de l'eulogie qu'on lui avait donnée
pendant la nuit. Et il la plaça près de l'autre moitié qu'il avait, et la cassure
coïncida, et ils surent que c'était cette eulogie qu'ils avaient mise dans la fosse.
Aussitôt ils se rendirent dans leur maison, ils ouvrirent la fosse et n'y
trouvèrent rien, pas même l'eulogie. Et ils admirèrent les jugements justes
de Dieu qui ne veut pas d'injustice et ils racontèrent cela à anba Ephrahàm
vers lequel s'étaient rassemblés beaucoup de gens pendant cette sécheresse
pénible, et il remplissait ses devoirs envers eux, ne repoussait personne ; mais
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