Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,1) — Paris, 1904

Seite: 304
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304 ' LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

la poitrine montre qu'aux yeux mêmes des Égyptiens elle avait son prix.
Je crois que c'est une des statues servant au culte d'Osiris, comme d'au-
tres statuettes en terre non cuite que j'ai trouvées et que j'ai signalées.
11 y en avait même une en bois. Ces autres statuettes représentaient
sans aucun doute Osiris : c'étaient des ex-voto, tout comme le scarabée
en terre cuite rouge représenté à la planche XXX, numéro 3 et la petite
barque de la planche XLV, numéro 7, modèle réduit à sa plus simple
expression et qui devait avoir été offert par un homme peu riche ou
peu généreux.

Deux fragments d'un vase en terre cuite, représentés à la planche
XXXI, nous reportent par leurs ornements très fins à une époque plus
rapprochée de nous et témoignent du culte rendu à Osiris. De même
j'ai trouvé une sorte de vase avec une tête de monstre mythologique
nous ramenant en pleine période grecque : il est resté à Gizeh où je ne
l'ai plus retrouvé.

Les numéros 8 et 9 de la planche XXV nous représentent deux frag-
ments de verre, comme j'en avais trouvé un la seconde année dans les
fouilles du tombeau de Sel et de Horus. A quelle époque remontent-ils?
C'est ce que je ne peux dire, car ils ont été trouvés dans les décombres.
Il en est de même de l'anse de vase en terre émaillée représentant une
tête de cheval qui se trouve à la même planche XXV, numéro 10.

Afin d'en finir avec les objets trouvés dans les décombres amoncelés
au-dessus du tombeau d'Osiris, je joins ici l'explication de deux objets
qui contiennent des documents d'un autre ordre. La planche XLIII re-
présente dans une de ses parties des étoffes qui se trouvaient dans le
coffret renfermé dans le vase dont j'ai parlé. Ces étoffes sont parfaite-
ment datées, par le nom du roi Tout ônekh-Amen, et par conséquent
elles ont été faites sous le règne de ce roi, environ seize siècles avant
notre ère. Elles sont de plusieurs espèces : les unes assez grossières,
d'autres d'une finesse moyenne, les dernières et en quantité considé-
rable d'une finesse vraiment merveilleuse. Ce sont, je crois, des étoffes
de coton et l'on voit que la fabrication égyptienne avait atteint dès cette
époque un haut degré de perfection qui ne serait guère dépassé de nos
jours, si même on le dépassait.
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