Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,2) — Paris, 1905

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LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS 459

rai pas à décrire tout au long la manière dont on s'y prenait pour tisser
de semblables ouvrages, pour la bonne raison que je ne sais pas exacte-
ment la méthode employée; mais je pourrais parfaitement décrire la
méthode employée de nos jours pour faire des ouvrages analogues. La
cliose serait assez longue, car le travail est minutieux; mais je ne vois
pas trop quel parti pourraient en tirer mes lecteurs. Je me contenterai
donc de dire que cette sorte d'ouvrages en cheveux se fait exactement
comme la dentelle fabriquée à l'aide de fuseaux, et qu'on emploie exac-
tement les mêmes instruments, qu'on fait manœuvrer à sa guise suivant
le dessin que Ton veut former. Dans la phothographie donnée de cet
objet, il est facile de voir comment la chaîne tombe et comment la trame
se mêle avec la chaîne pour la recouvrir. Mais il est sans doute non
moinsévident qu'on ne s'est pas servi des fuseaux en usage de nos jours ;
cependant il faut bien avouer qu'on a dû se servir d'instruments analo-
gues, car ces instruments étaient nécessaires pour maintenir les fils de la
chaîne bien droits et bien perpendiculaires au sol, pendant qu'on avait
également besoin d'instruments semblables aux premiers pour pouvoir
arriver à passer les cheveux de la trame à travers ceux de la chaîne sans
les embrouiller d'une manière inextricable. Si je parle ainsi, ce n'est
pas que j'ai la science infuse, mais j'ai pris soin de me renseigner
au préalable près des connaisseurs et que j'ai étudié deux ouvrages spé-
ciaux dus à l'expérience de Croizat, le fondateur de l'Académie de coif-
fure de Paris, qui était dans toute sa renommée justement acquise vers
1830. Ces deux ouvrages sont les Cent et un coiffeurs de tous les pays et
Théorie de l'art du coiffeur. Si quelqu'un de mes lecteurs était tenté de
recourir aux mêmes sources que moi, je lui découvre bénévolement celles
auxquelles j'ai puisé; maintenant une dernière réflexion avant de clore
ce chapitre. Les pièces qui viennent d'être décrites étaient évidemment
faites non sur la tête même de la personne à qui appartenaient ces cheveux;
mais après qu'on les en avait détachés. Si j'avais pu croire un seul mo-
ment que les ouvrages en cheveux qui viennent d'être décrits avaient
été faits autrement, les livres que je viens d'indiquer se seraient chargés
de me détromper. Il reste donc acquis désormais, que les femmes de
l'époque voisine de celle d'Osiris, sinon de l'époque même d'Osiris,
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