Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 3,2) — Paris, 1905

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686 LES NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

par Dieu devenant Dieu, ce qui n'offre pas précisément beaucoup de sens.
Depuis E. de Rougé, Lepage Renouf dans ses Hibberl-Lectures a essayé

non sans succès, de déterminer le sens de 1; il lui attribue la valeur
de force, fortifiée, fort, selon les différentes acceptions et les divers em-
plois du mot, comme nom, verbe ou qualificatif. Ainsi, dit-il, il y a des

pierres qui sont qualifiées de 1 <r=»^f>!fl; les murs, les cryptes de Den-

dérah ont cette épithète; un talisman est dit 1 ; le roi Séti Ier au nombre

de ses titres met celui de \ ^ ^| J}, ce qui évidemment ne peut se

traduire par image divine de Khepra, puisque Khepra est un dieu et
que Séti Ier, quoique roi, n'est qu'un homme. Dans le décret de Canope

l'expression hiéroglyphique est rendue en démotique par ^J"^ 1 et
ce mot Khou signifie, dit Lepage-Renouf, fortifier, protéger, rendre vi-

goureux. De même dans la phrase | > ^-^> Jp- doit

se traduire par : il protège la ville contre la destruction, et l'on ne peut
un seul instant songer à traduire : il divinise, ou il renouvelle ta ville
contre la destruction. Il en est de même pour un nombre considérable
d'autres exemples que cite Lepage-Renouf. Je ne peux m'empècher de
croire que cet auteur a raison, non que le sens de fort, puisse rendre

compte partout de l'emploi du mot 1, mais si l'on joint à cette idée de
force celle de protection, de défense, je suis persuadé que nous attei-
gnons ainsi le sens premier du mot à l'époque primitive de
l'histoire égyptienne était le fort, le protecteur qui défendait la famille
ou le village ou peut-être encore la ville contre leurs ennemis, et ces

ennemis étaient d'autres "] d'une autre famille, tribu, d'un autre village
ou d'une autre ville. Mais, me dira-t-on, comment pouvez-vous savoir
qu'il en était ainsi ? Je le sais d'abord parce qu'il en est resté des preuves
éparses à travers le panthéon égyptien comme pour les esprits de Pou,
les âmes d'Héliopolis et les huit dieux de Hermopolis Magna, et sans

1. Lepage-Renouf : Uihbert-Lectures, p. 96-98.
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