Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts — 3.1802 [Cigognara Nr. 3401-3]

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Planche trente-cinquième. —Le Ravissement de Saint
Paul, Tableau du Dominiquin j Galerie du Musée.

Ce tableau qui n'a que dix-huit pouces de hauteur sur
quatorze, est peint sur cuivre, et joint la vigueur du
coloris à la beauîé des expressions. Le Dominiquin le fit
à Rome pour M. Agucchi, son protecteur et son ami ,
qui était alors majordome du cardinal Aidobrandin,
neveu du pape Clément VIII. Il fut transporté depuis en
France, par M. Ljbaut, secrétaire du roi, qui en fit
présent aux Jésuites de la rue Saint-Antoine ; ils le pla-
cèrent dans leur Sacristie , d'où il a passé dans le cabinet
du roi.lia été gravé par Rousselet, à-peu-prèsde la gran-
deur de l'original.

Anecdotes.

Le Dominiquin devint amoureux d'une jeune et belle
personne , que ses parens lui refusèrent. Un jour qu'il
travaillait dans la chapelle d'une église , il y vit arriver
sa maîtresse , accompagnée de surveillans impitoyables, et
qui venait remplir un devoir de religion. Le peintre
saisit aussitôt cette occasion heureuse de faire le portrait
de celle qu'il aimait : il la représenta sous la figure d'un
jeune homme, l'un des personnages du tableau dont il
était occupé ; mais les parens ne tardèrent pas à la recon-
naître et trouvèrent fort mauvais que l'artiste eût osé
la peindre dans un lieu exposé aux regards du public.
Leur ressentiment alla si loin, qu'ils menacèrent l'artiste
de l'assassiner , ce qui l'obligea de prendre la fuite.

— Le Dominiquin passait souvent plusieurs mois à
méditer, avant d'entreprendre un ouvrage, et dans le
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