Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon — Tome premier.1808 [Cicognara Nr. 3401-22-1]

Seite: 92
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ensers , dont les figures sont au moins de grandeur na-
turelle, est d’une dimension considérable (i). Le sujet
qu’il représente appelait toutes les richesses d’une
verve poétique ; le sentiment du beau idéal a dû
seul y régler le choix des formes , le degré d’expres-
sion convenable , et n’y admettre rien de faible ni de
trop prononcé. Madame Moiigez a rempli la plupart de
ces conditions : il en fallait beaucoup moins pour faire
remarquer son ouvrage. On y aperçoit de l'inégalité
dans l’exécution , mais on y reconnaît un esprit orné,
un style épuré; et sur-tout dans les contours du nu,
ce crayon magistral qui annonce une excellente école.
La figure de l’Amour, celles de l’une des Parques,
de Pluton et de Proserpine ne seraient pas désavouées
par un habile professeur. Les carnations tirent un peu
sur le gris ou le violâtre, et peut-être le ton géné-
rerai est-il un peu froid ; mais on trouve dans l’en-
semble, comme dans chaque objet en particulier, une
force de relief peu ordinaire. On regrette que la figure
d’Orphée , sur laquelle se porte l’intérêt principal,
ne soit pas la plus heureuse du tableau.

Si nous avons joint à de justes éloges quelques
observations qui nous paraissent sondées, c’est que
madame Mongez , qui a la réputation de recevoir les
louanges avec modestie, est assez riche en talens pour
ne pas redouter la critique.

L’Empereur a ordonné l’acquisition du tableau
d'Orphée.

(i) Il a environ quinze pieds de longueur sur douze de hauteur.
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