Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon: Salon de 1819 — 1819

Seite: 91
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à développer son sujet : on peut ajouter qu’il n’y a rien
mis de superssu; et ce genre de mérité est celui qu’on
rencontre le plus rarement dans les productions mo-
dernes.

L’emploi des proportions qui excèdent de beaucoup la,
grandeur ordinaire, exige impérieusement la noblesse
du style, ia correction du dessin, la justesse de Fespres-
sion, la netteté des masses et ia franchise du pinceau ;
car plus les dimensions sont exagérées , pins les defauts
sont choquans. L’exposition actuelle en a sourni plus d’un
exemple; beaucoup de jeunes artistes ont adopté, sans
nécessité, ces proportions gigantesques, qui, ioin de
Seconder la prétention qu’ils ont de se montrer forts et
habiles, n’ont servi qu’il trahir leur faiblesse et leur inex-
périence : mais, par une heureuse exception, elles ont
bien servi Fauteur du tableau dont nous donnons ici Fes-
quisse; Faspect en est imposant, Feffet tout-à-la Fois
large et piquant, et Fon n’y trouve rien qui ne semble
concourir à Fexpression générale. Ce morceau se dis-
tingue sur-tout par ia grandeur du style et ia noblesse de
ia pensée. La tête de S. Augustin rappeüe une tête an-
tique bien connue; mais ie sentiment avec lequel eiie est
exécutée, lui donne ie mérite de l’originalité. La pose de
cette figure est fort belie, et toute d’inspiration : ia tu-
nique, d’une fine étoffe de laine blanche, est jetée avec goût
et bien modelée ; le ton en est suave et léger. La figure
d’Aïypius ne le cède à celle du personnage principal, ni
pour ia grandeur du caractère , ni pour la vigueur de
Fefset. Aiypius est vêtu d’une tunique de lin, et d’un
manteau de pourpre, largement drapé. Connue ia prin-
cipale lumière du tableau vient du ciel, et tombe pres-
que d’aplomb sur ies figures, les traits du compagnon
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