Arndt, Paul   [Hrsg.]
La Glyptothèque Ny-Carlsberg: les monuments antiques (Texte) — München, 1912

Seite: 108
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PLANCHE 68.

Statue de Déméter (?).

Hauteur: im, 53. Marbre blanc. La statue se compose de trois parties rapportées et travaillées
séparément. La première comprend la base avec le siège, ainsi que la partie gauche et la partie arrière
du coussin qui est posé dessus, les pieds de la statue et le chiton jusqu'au bord de l'himation. Sont modernes
dans cette partie: le coin droit du coussin par derrière, la partie supérieure, décorée d'ornements, du montant
gauche antérieur du trône et les orteils du pied gauche. La seconde partie comprend le manteau
qui recouvre les genoux, avec un petit fragment du ventre, le coin droit du coussin par devant, ainsi que
l'extrémité supérieure, décorée d'ornements, du montant droit du trône, juste devant le coussin. Le coin
droit de cette extrémité supérieure a été brisé, mais il paraît antique et appartenir à la statue. Le manteau,
dont quelques plis sont restaurés, est posé sur les jambes comme un morceau qu'on peut enlever. La
troisième partie de la statue se compose du torse depuis le nombril jusqu'à la fossette du cou; à droite, le
morceau central du coussin a été taillé dans le même bloc que cette partie du corps. Ici sont restaurées:
la partie nue du bras droit et la main gauche, qui est antique, mais n'appartient pas à la statue. Elle
a été fixée dans le morceau voisin de la draperie par un tenon moderne en laiton. On a restauré
dans cette main l'auriculaire, l'annulaire et la partie inférieure de la touffe d'épis que tient la déesse.
Il est possible que le marbre de cette main soit le même que celui de la statue; il n'est toutefois pas
dans le même état de conservation; il est plus fortement corrodé. La main a donc séjourné dans un
autre terrain que le corps, dont elle était par conséquent séparée pendant leur enfouissement sous le sol:
cela rend déjà douteux qu'elle puisse lui appartenir. De plus, comparée à la statue, cette main est trop
grande et trop massive, sans parler des épis travaillés au foret, alors que le reste de la statue n'offre aucune
trace de ce mode d'exécution. Le bras droit, comme le prouve le bout du coude, qui a subsisté et qu'on
voit sous le vêtement, doit avoir été originairement levé plus haut. Il existe dans le haut du bras droit,
à la partie extérieure, un trou, sur lequel on s'est fondé pour mettre une torche dans la main droite de la
statue: ce trou est moderne, puisqu'il n'y a nulle trace de patine à l'intérieur. — La tête de la statue, dont
la pointe du nez a été restaurée, est certainement moderne. D'abord, le marbre diffère de celui du corps;
il est davantage sillonné de veines noires. De plus, cette tête repose sur une section nette; et enfin, les
muscles sterno-cléido-mastoïdiens, visibles sur le torse, ne se prolongent pas sur le cou. On a tourné par
erreur cette tête moderne du côté de l'épaule gauche; la déesse devait, primitivement, regarder droit devant
elle. Les plis antérieurs du voile, depuis la section du cou jusque sous les oreilles environ, sont restaurés. —
La statue se trouvait autrefois dans le Palazzo Rondinini à Rome; plus tard elle est entrée, à Rome, dans
le commerce. Guattani (Monumenti antichi inediti, 1787, Novembre, tav. II, p. LXXXIV) croit reconnaître
dans les lettres de Winckelmann sur les dernières découvertes d'Herculanum (éd. Eiselein, Donaueschingen
1825, II, p. 107 ss.) un passage relatif à ce marbre, d'après lequel il aurait été trouvé dans une vigne,
au fond d'une fosse, sous un tas de décombres. Le sculpteur Bracci y aurait alors reconnu une œuvre
moderne. Mais il est hors de doute que cette note ne peut pas se rapporter à notre statue. Première-
ment, une des mains, les pieds et une partie du vêtement de la statue dont parle Winckelmann étaient
modernes; deuxièmement »war der Sitz der Figur mit dem Zahneisen ganz grob weggearbeitet« ; troisième-
ment »war der Augapfel durch eine mondfôrmige Vertiefung ausgedrùckt« ; et enfin, la statue avait une
hauteur d'environ 12 palmes. Rien de tout cela ne concorde avec la statue Jacobsen. Ou bien il y a con-
fusion avec une autre statue de la galerie Rondinini, ou bien l'indication de Féa (dans ses Remarques sur
Winckelmann), que la statue en question se trouverait dans le Palazzo Rondinini — Winckelmann, en effet,
ne désigne pas le possesseur — doit être erronée. Guattani (1.1.) déclare que, un peu avant son temps,
une copie de cette statue, et de la même grandeur, avait été envoyée à St. Pétersbourg.

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