Arndt, Paul   [Hrsg.]
La Glyptothèque Ny-Carlsberg: les monuments antiques (Texte) — München, 1912

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toscan (58), des colonnes entièrement dégagées remplaçaient la forte saillie des antes dans le temple
grec normal. 11 en est tout à fait de même dans notre plan presque carré, sauf que les antes
y subsistent en principe, mais dans un état si rudimentaire qu'Otfr. Miïller n'hésite pas à les
assimiler à des pilastres d'angle. Choisy les omet tout à fait, ce qui est contraire au texte (59).
Piranèse aussi se met en contradiction avec Vitruve, quand il place des antes devant les murs
de refend de la cella; car Vitruve dit seulement: angulares (columnae) contra antas, duae mediae
e regione parietum (cf. ci-dessous). — La largeur des antes est égale à l'épaisseur des colonnes (60).

§ 3. La distribution des colonnes.

Spatium quod ent ante cellas in pronao, ita columnis designetur, ut angulares contra antas,
parietum extremornm e regione, conlocentur, duae mediae e regione parietum, qui inter antas et
mediam aedem fuerint, ita distribuantur, et inter antas et columnas priores per médium isdem
regionibus alterae disponantur'(61).

Il n'y a de colonnes que sur la façade du temple. Le côté postérieur s'adossait sans
doute le plus souvent au mur du péribole (62). Le sens assez obscur des derniers mots nous
laisse dans le doute, quant au nombre total des colonnes. Il est sûr qu'il doit y avoir quatre
colonnes de front(63), toutes placées dans le prolongement des axes des murs, en sorte que
l'entrecolonnement du milieu est d'un tiers plus large que les deux autres. Quant aux mots sui-
vants, on les explique généralement ainsi : réunir par des lignes les fronts d'antes et les colonnes
angulaires, puis, par le milieu de ces lignes, en mener une autre perpendiculaire (64), sur laquelle
on plantera quatre nouvelles colonnes, correspondant aux quatre premières. Per médium équi-
vaudrait donc au grec ôià fisaov. Cette interprétation me semble corroborée par la présence des
mots isdem regionibus, qui doivent se rapporter: i° à la regio des axes des antes prolongés,
2° à la regio des murs de refend prolongés. Que si l'on veut que per médium ait le même sens
que in medio et désigne simplement les deux points de milieu entre les fronts des antes et les
colonnes d'angle, cela n'a guère d'importance; car isdem regionibus devrait toujours se rapporter
aux axes des antes prolongés, pour lesquels Vitruve employait précédemment le singulier regio (65).

Le second rang de colonnes occupait probablement le milieu de la surface totale du
pronaos, en y comprenant la saillie des antes (66). Nous obtenons ainsi aux angles des entre-
colonnements égaux, et l'intervalle entre les premières colonnes du second rang et les antes se
trouve diminué d'une longueur égale à la saillie des antes. Je préfère cette disposition à celle

(58) Stieglitz, Ibid, II, p. 36, cite comme exemple le temple de Pola.

(59) Cf. Martha, p. 275, fig. 183. — Dans un plan plus allongé, comme à Alatri {J\3m. Mitth., 1891, p. 256), la longueur des antes
changeait aussi. Mais Stieglitz (Areh. d. Bauk., I, 4, p. 236 sqq.) a montré que le mot antae ne s'applique pas exclusivement à de longues
extrémités de murailles.

(60) Vitr., IV, 4, § I, p. 94, 18.

(61) Sur ita, cf. ci-dessus, ^ 1.

(62) Exemples dans Semper, op. I., p. 77.?.

(63) Alberti, /. /., admet 6 colonnes en façade. De même Marquez, DeW ordine dorico, Rome, 1803, p. 112 sqq., pi. VII. Derrière
ce premier rang de six, il en place deux autres de quatre, entre deux longues antes. Cette disposition peu raisonnable est reproduite aussi
par Inghirami.

(64) Martha, op. /., p. 265 : « L'expression inter antas désigne donc le rapport à une ligne et non pas le rapport à un point. »

(65) Jocundus, Jan Martin, Jan Gardet et Dom. Bertus (Epitome ou Extrait abrégé des dix livres de Vitruve, Paris, 1565, p. 123)
mettent trois rangs de 4 colonnes chacun; de même Cesariano (trad. de Vitruve, Milan, 1521) et Abcken (.Miltelitalien, Stuttgart et Tubingue,
1843, P- 216, pi. III [d'après Stier]). Galiani pose deux rangs de 4 colonnes chacun; de même Piranèse, Newton (trad. de Vitruve, Londres,
1791, p. 87), Rode (trad. de Vitruve, Leipzig, 1796, I, p. 183 sqq, Atlas, pi. 7), Marini (éd. de Vitruve, Rome, 1836, I, p. 231, pi. 71 et 72). —
Barbarus, Ilirt et Klenze supposent au milieu du pronaos deux colonnes entre des antes très prolongées, puis 4 colonnes en façade (Ilirt,
Niitzl. Au/s. d. Bauk. bctreffend, 1799, III, p. 6 sqq.; IV, p. 20 sqq.). A quoi Stieglitz (Arc/i. d. Bauk., II, p. 16 sqq.) oppose particulièrement
l'objection suivante, qu'on trouve aussi chez Genelli {Exegetiscfu Briefe ïcbcr Vitruvs Baukunst, Brunswick, 1801, 3« lettre, p. 44, pi. 18—21):
« Si le temple étrusque avait eu deux antes saillantes enfermant entre elles.deux colonnes, Vitruve n'aurait pas eu besoin de le décrire longuement;
il n'aurait eu qu'à dire tout simplement que le temple étrusque était un prostylos. » Stieglitz (Enej'cl. d. Bauk., III, pi. IV) supprime au 2« rang
de colonnes celles du milieu; de même Semper.

(66) Vitr., IV, 7, § 5, p. 102, 1 sqq.

Ny-Carlsberg II y 2
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