Arndt, Paul   [Hrsg.]
La Glyptothèque Ny-Carlsberg: les monuments antiques (Texte) — München, 1912

Seite: 10a
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qui consisterait à planter le second rang des colonnes au milieu de la surface mesurée en avant
des antes: elle répond mieux à la simplicité du plan général, et, d'autre part, la différence des entre-
colonnements est à peine sensible à l'œil en raison de la faible saillie des antes et du large
espacement des colonnes.

§ 4. Les proportions de la colonne.

Eaeque (columnae) sint ima crassitudine altiludinis parte VII, altitudo tertia parte latitudinis
templi, summaque columna quarta parte crassitudinis imae contrahatur . spirae earum altae dimidia
parte crassitudinis fiant. habeant spirae earum plinthum ad circinum altam suae crassitudinis
dimidia parte, torum insitper cum apophysi crassum quantum plinthus . capituli altitudo dimidia
crassitudinis . abaci latitudo quanta ima crassitudo columnae . capilulique crassitudo dividatur in
partes très, e quibus una plintho, quae est pro abaco' delur, altéra ecliino, tertia hypotrachelio
cum apophysi.

Les difficultés d'explication de ce passage viennent de ceci, que Vitruve emploie le mot
crassitudo à la fois pour des dimensions horizontales et pour des verticales. 11 l'emploie pour
désigner la hauteur, par exemple dans cette phrase : habeant spirae earum plinthum ad circinum
altam (67) suae crassitudinis dimidia parte; mais, dans les suivantes: capituli altitudo etc. et abaci
latitudo etc., il a en vue des dimensions horizontales; puis, il revient encore à une dimension
verticale dans les mots: capitulique crassitudo dividatur in partes très. Si on se rappelle bien cela,
tout est clair: le diamètre inférieur de la colonne égale 1/2 1 de la largeur du temple, mesurée
d'un bord à l'autre du stylobate; la hauteur totale de la colonne égale 7/21 ou 1/3 de cette même
largeur (68). Il n'est pas question d'enlasis, ni de cannelures. Le fût n'était pas toujours en pierre,
comme le pensait Chipiez (69); certainement il était très souvent en bois, comme le prouve le
résultat des fouilles, où l'on rencontre si rarement des fûts, eu égard au nombre des bases et
des chapiteaux (70).

Les bases des colonnes doivent mesurer en hauteur la moitié de la «crassitudo» : par ce mot,
— d'après ce que dit Vitruve (71) des bases ioniques et d'après la description qu'a faite Pline (72)
du temple d'Artémis à Éphèse, — nous devons entendre ici le diamètre inférieur du fût, lequel
fournit le module. Il est vrai que le texte en soi signifierait aussi bien qu'il s'agit de la moitié
du diamètre de la base même; mais cela n'est pas vraisemblable, le chapiteau étant donné comme
mesurant en hauteur un 1/2 module: or, base et chapiteau étaient d'égale hauteur.

La base se compose de deux parties d'une hauteur égale: une plinthe cylindrique (73) et,
reposant sur celle-ci, un tore qui se termine à la partie supérieure par un mince boudin circu-
laire, Xapophysis. Ce terme, qui ne se rencontre que cette seule fois dans Vitruve, a été à tort
assimilé à Yapothesis, bordure en arête (74); Thiersch(75) l'entendait même d'une moulure concave.
Mais il est clair, d'après le sens habituel du mot, surtout dans le vocabulaire médical (76), qu'il

(67) Cet emploi particulier du mot avait suggéré à Semper (p. 183) la conjecture elatam.

(68) C'est la mesure que Pline (M H., 36, 56), par une généralisation excessive, attribue à toute colonne dans les constructions
anciennes. En revanche il a emprunté à Vitruve, très exactement, le rapport de la hauteur 1 : 7, que certains commentateurs, en dernier lieu
Cozza, ont mal compris. Pline, /./. : columfiae quae sextavi partent altitudinis in ima kabent, Doricae vocantur, quae nonam Ionicae, quae septimam
Tuscanicae. — lîarbarus, Marquez, Polenus, Cozza, etc. comptent les 7 diamètres pour le fût seul, en sorte que la colonne entière en compterait 8.
Cf. aussi Mus. et?:, III, p. 117; Hiibsch, Ueber gr. Archit., p. 57.

(69) Ilist. ait. des ordres grecs, p. 326.

(70) A Alatri on n'a retrouvé ancun fragment de fût {Rom. Mitt., 1.1.) Basset, Centralblatt f. Bauverwaltung, 1886, p. 207).

(71) III, 3, § I, p. 77, 5 sqq.; V, 9, § 4, p. 123, 6.

(72) N. H., 36, 56.

(73) Ce détail se rencontre dans la base du temple d'Alatri, qui s'éloigne cependant beaucoup pour les proportions de celles données
par Vitruve: cf. Rom. Mitth., I. I.

(74) Cf., par exemple, Saalfeld, Tensaurus ilalograecus, s. v.

(75) L.I., p. 170.

(76) Ilippocrate, p. 810, a.

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