Arndt, Paul   [Hrsg.]
La Glyptothèque Ny-Carlsberg: les monuments antiques (Texte) — München, 1912

Seite: 12a
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/arndt1912text/0244
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
facsimile
Fig. 2

eussent dû, pour soutenir les
mutuli{cî. § 6), être plus hautes
que celles du premier rang.
Mais Choisy a commis une
erreur complète, en ne conti-
nuant pas l'architrave égale-
ment sur les côtés: car, d'abord,
cela répond à une ancienne
habitude des constructeurs, de
mener l'architrave tout autour
du pronaos, et, en second lieu,
on a dû toujours recouvrir les
têtes des grosses poutres, tant
pour les protéger que pour une
raison esthétique (88).

Les pièces de l'archi-
trave étaient reliées par des
subscudes et des securictae.
L'un et l'autre mot désignent
des attaches horizontales. Sur
les subsaides, nous sommes
renseignés par la description que fait Vitruve de la machine de siège d'Hégétor (89) : les
grandes roues de cette machine, qui avaient trois pieds d'épaisseur, se composaient de trois
cercles de bois parallèles, à travers lesquels étaient enfoncées des chevilles alternant, une sur
une face, la suivante sur l'autre face (90). Pour notre épistyle, nous devons également penser
à des chevilles de bois qui, traversant entièrement la première poutre, celle du côté intérieur,
ne pénétraient que partiellement dans la seconde poutre, celle de l'extérieur (Fig. 2); naturel-
lement les trous devaient être forés d'avance, comme il est dit d'ailleurs dans un passage de
Plaute (91).

En aucun cas, on ne peut songer, avec Reber(92), à des queues d'aronde. Celles-ci sont
désignées incontestablement par le mot securiclae, qui correspond au grec Jiekexïvoç (93), vu que
leur forme peut être très justement comparée à celle d'une hache. On les employa surtout à l'époque
archaïque, mais elles reparaissent aussi dans des constructions d'époque postérieure, telles que la
maison de Néron à Olympie. Elles servaient sans doute à relier les poutres ensemble bout à bout,
dans le sens de la longueur.

Pour justifier le vide de 2 digiti, Vitruve dit : cum enim inter se tangunt et non spiramentum
et perjlatum venti recipnmt, concalefaciuntur et celeriter putrescunt. De pareilles précautions sont
de règle encore aujourd'hui, pour assurer au bois les bons effets de l'air et de la lumière (94): on
peut le constater sur tous les chantiers de bois, et dans les blockhaus on observera que, pour la
même raison, les madriers se creusent souvent vers le milieu de la paroi.



(88) Vitr., III, 2, § 2, p. 88, 28.

(89) Vitr., X, 21, § 2 sq,, p. 278, 1. Ailleurs (X, 6, § II, p. 250, 5) les subscudes sont de longs goujons de fer horizontaux.

(90) Autre explication par Reber, trad. de Vitruve, p. 346.

(91) Plaute, Astrab., dans Festus, s. v. subscudes: terebratum multum sit, et subscudes addite. L'ancienne explication, dans Festus.
repose sur un contresens. Celle de Blitmner, Technol. und Terminol., II, p. 306, est tout à fait erronée.

(92) Reber, trad. de Vitruve, p 3463. — Le passage d'Arnobe (Adv. nation., V, 16) apprend simplement que les subscudes étaient
employées aussi dans la structure intérieure des statues chryséléphantines. — D'après la manière dont Genelli (pi. XX) a dessiné les subscudes,
c'est en second lieu seulement, semble-t-il, que Vitruve aurait dû les nommer.

(93) Cf., par exemple, Héron, Autan., p. 251.

(94) Eisenlohr, Hohbauten des Schwarzwaldes, Carlsruhe, 1853, p. 3, pi. V; Lachner, Gesch. d. Hohbaukunst i. Deutschland,
Leipzig, 1885, II, p. 99.
loading ...