L' Exposition de Paris (1900) (Band 2) — Paris, 1900

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[/EXPOSITION DE PARTS.

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LaManufacture nationale des tapisseries

DE BEAUVA1S

(Suile<)

Après la guerre de 1870, Beauvais fut chargé
de renouveler les mobiliers qui avaient brûlé
lors des incendies des Tuileries et de Saint-
Gloud, et des commandes nouvelles furent exé-
cutées. Citons, pour le Sénat, des panneaux
de grandes dimensions d'après les modèles de
MM. Escalier, Petit, Maiziat; des verdures

La Manufacture de Beauvais figure pour la
première fois à l'Exposition de Paris en 1801,
où elle obtient une médaille de bronze. Aux
Expositions de 1819, 1823, 1834,' elle est mise
hors concours, obtenant une médaille d'or en
1827. En 1839 et 1844, les Manufactures natio-
nales n'exposèrent pas. Mais, remarquons-le,
à la suite des diverses expositions où apparurent
les plus belles productions de nos Manufactures,
l'industrie privée des tapisseries, ayant trouvé là
d'admirables modèles, prit une puissante exten-
sion, et, en 1844, soixante-quatorze fabricants
exposèrent. Depuis cette époque, la tapisserie,

nales de tapisseries, toujours dignes de leur
grande renommée ».

Aux Expositions universelles de Londres,
Vienne, Borne, Philadelphie, Amsterdam, Chi-
cago, Anvers, la Manufacture de Beauvais affirma
sa réputation en remportant les plus hautes ré-
compenses.

Pour l'Exposilion de 1900, l'administration
des Beaux-Arts a décidé que la Manufacture de
Beauvais exposerait un salon entièrement décoré
de ses tapisseries. Le projet de cette composi-
tion, accepté par la Commission des Beaux-
Arts, est dû à M. Mangonncau. Il comprend

k

La Manufacture nationale des tapisseries, de Beauvais. — Tapisjier au travail, sur le métier de basse-lisse.

d'après Français, Colin, Bourgogne, J. Galland,
Ceslaron ; pour la salle Thiers, au Louvre, de
grands panneaux décoratifs d'après J. Galland ;
les Chèvres et la Cigogne, d'après Ph. Rous-
seau; Mars et Vénus (brûlés depuis à Chicago),
d'après J. Badin et Gaudefroy2.

Depuis 1889, il a été fabriqué, pour le Palais
de l'Elysée, un meuble complet. La Manufacture
exécute actuellement pour le salon du Ministère
des affaires étrangères une décoration complète
de meubles et de panneaux d'après Mangon-
ncau. Cette décoration comprendra deux grands
panneaux, deux petits d'entre-fenêtres, cinq des-
sus de porte représentant les Cinq parties du
Monde. Le meuble comprend trois canapés,
dix fauteuils et chaises et un écran. Ces tapis-
series figureront à l'Exposition de 1900, avec
quatre grands panneaux d'après Zuber repré-
sentant les Vues du Luxembourg et les Quatre
Saisons.

1. Voir page 127.

2. Yoir page 123.

comme étoffe de meuble, devint à la mode et
fut très répandue et appréciée. La pensée de
Colbert, en organisant la Manufacture de Reau-
vais, était réalisée.

En 1855, Beauvais reçoit une médaille d'hon-
neur. En 1867, il est mis hors concours. En
1878, il a le grand prix.

A l'Exposition de 1889, parmi les tapisseries
de basse-lisse qu'expose Reauvais, celles qui
furent particulièrement appréciées par le jury
sont les quatre panneaux de fleurs dans des
bordures en grisailles pour l'escalier du Sénat,
puis deux pièces de la tenture des Quatre Sai-
sons, composées par Français, et trois de celle
des Parties de la France dont l'idée est très
originale. Dans ces tentures, Reauvais revenait
à ses traditions du siècle précédent en traitant
la figure humaine. Voici comment s'exprime
M. Krantz, dans son rapport sur les tapisseries
à l'Exposition de 1889 : « Nos collègues étran-
gers ont bien voulu nous manifester leur admi-
ration devant les titres de noblesse étalés aussi
magnifiquement par nos Manufactures natio-

quatre dessus de porte, deux grands panneaux,
deux plus petits d'entre-fenêtres et un meuble
complet. Dans sa disposition et sa composition
complète, il doit donner l'illusion parfaite du
salon du Ministère des affaires étrangères auquel
il est destiné. En effet, pour que les tapisseries
d'ameublement et de décoration puissent être
jugées clans leur valeur vraie et non plus approxi-
mative, il est nécessaire qu'elles soient vues
dans le cadre qu'elles doivent occuper, avec ses
glaces, ses torchères, bronzes dorés et autres
accessoires que l'on trouve dans un salon de
fêtes où la richesse des couleurs doit s'harmo-
niser avec celle des toilettes et des lumières. La
salle d'exposition sera ainsi éclairée à la lumière
électrique. La décision de la Commission des
Reaux-Arts est d'une très heureuse inspiration,
car si les tapisseries devaient être accrochées au
mur, comme des tableaux, au hasard de la place
disponible, comme en 1878, il vaudrait mieux
ne pas exposer. Celte abstention regrettable évi-
terait, au moins, les comparaisons désobli-
geantes que ne peuvent manquer de faire les in-
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