Instytut Historii Sztuki <Posen> [Editor]
Artium Quaestiones — [1].1979

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ARCHITECTURE ET SYMBOLIQUE DES NOMRRES

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simple addition on s’eleve, par le jeu des modules, au niveau de la geo-
metrie, pout finir dans les proportions harmoniąues dues au maniernent
expert du coefficient <P, appele aussi nombre d’or. Nous assistons donc
a un incessant affinement de la pensee mathematique auąuel les plus
grands esprits de ces periodes apportent leur participation.

Plus que tout autre monument carolingien, 1’abbaye de Centula-Saint-
-Riąuier pourra nous fournir des lumieres sur 1’esprit regnant a la fin du
VIII* et au debut du IXe siecle. Evoquons donc brievement la julgentis-
sima ecclesia d’alors, ślevee rapidement (de 790 a 799) et avec des moyens
considerables par Angilbert, gendre de Charlemagne. Une chronique de la
fin du XIe siecle — celle du moine Hariulf — a conserve les trait essen-
tiels de ce couvent qui se veut exemplaire pour son temps 5.

Deux celebres gravures — l’une du senateur parisien Paul Petau (1612),
l’autre de Jean Mabillon (1673) 6 — ont perpetue l’image de cet ensemble
monastique qui fut sans doute l’un des plus representatifs de l’epoque de
Charlemagne (fig. 2).

L/implantation de 1’abbaye fut elle-meme conditionnee par un dessein
liturgique grandiose dont un document parallele a la Chronicon Centu-
lense d’Hariulf, YInstitution sancti Angilberti abbatis de diversitate cffi-
ciorum, offre un temoignage d’une rare precision 7.

D’ernblee, Angilbert nous fait part de son desir de respecter stricte-
ment le symbole trinitaire: „Quia igitur omnis plebs fidelium sanetissi-
mam atque inseparabilem TRINITATE confiteri . . . in omnipotentis Dei
nomine, tres ecclesias principales cum membris ad se pertinentibus in hoc
sancto loco, Domino cooperante, et predicto domino Augusto iuvante,
fundare studuimus” 8.

Trois tours pointent vers le ciel: celles du Sauveur, de saint Riquier et
de sainte Marie. Un couronnement triplement etage, appele d’ailleurs Iri-
stegum, les coiffe. Le monastere comprend trois autels principaux, sur-
montes chacun par un ciborium: celui du Sauveur, celui de saint Riquier
et celui de la Vierge, qui font au demeurant partie des trente autels que
possede le monastere. L’atrium lui-meme, rectangulaire sans doute, etait
veille par trois oratoires, sureleves au-dessus de porches et consacres aux

5 F. L o t, Hariulf, „Chroniąue de 1’abbaye de Saint-Riąuier” (Ve siecle — 1104),
paris 1894.

6 P. Petau, De Nithardo, Caroli Magni nepote ac tota ejusdem Nithardi pro-
sapia, breve syntagma, Paris 1613; Mabillon, Acta Sanctorum Ordinis sancti Be-
nedicti, t. 5 de 1'editiori de Paris 1677; p. 111 (t. 5 de 1‘edition de Venise, 1735, p. 107).

7 L/Institutio de Centula, extrait du manuserit 235 de fonds de la Reine Christi-
ne au Vatican (fol. 77 v° — 82 r°) se trouve publiee par Lot, a la suitę des ąuatre
łi.vers de la Chroniąue de Saint-Riąuier (cf. notę 5).

8 Cf. L o t, Hariulf, op. cit., p. 58.
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