Barthélemy, Jean Jacques
Voyage du jeune Anacharsis en Grèce (Atlas): Atlas — Paris: Étienne Ledoux, libraire, 1824

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PLANCHE III.

PLAN DE LA PLAINE DE MARATHON.
J’ai réduit exactement le plan levé géométriquement sur
les lieux par feu le colonel Squire : en le comparant avec
celui de Barbié du Bocage, tracé d’après les relations de
Spon et Wheler, on verra qu’il exprime bien plus parfaite-
ment les encaissements inaccessibles qui entourent la plaine
et la seule issue qui conduise à Athènes, et qui fût occupée
par les Grecs.
DESCRIPTION TOPOGRAPHIQUE DE LA PLAINE DE MARATHON, TIRÉE
DE LA RELATION DU COLONEL SQUIRE.
« Le rivage qui borde à l’est la plaine de Marathon forme
une belle baie dent le fond, diminuant de profondeur par
degrés , offre un excellent mouillage. La plage, longue d’en -
viron trois lieues de 25 au degré, est sablonneuse, en pente
douce, et bonne pour un débarquement, la rade étant libre
d’écueils et de bancs de sable.
» Le pays qui entoure la baie présente une plaine continue ,
large d’une lieue à peu près, et bordée de hauteurs rocheuses,
d’un accès difficile, qui la ferment à chacune de ses extré-
mités. Au sud , cependant, les montagnes, qui sont un con-
trefort de la chaîne du Pentélique et plus hautes que dans
les autres parties, s’abaissent par une pente douce vers la
mer, et sont couvertes de petits pins et de broussailles. Une
petite rivière descend de la partie supérieure de la vallée de
Marathon, et se jette dans la mer, au milieu de la baie, par
deux bouches peu profondes. Une pointe de rocher étroite

et saillante vers l’est, formant la partie septentrionale de la
baie, est baignée au sud par un ruisseau salé qui com-
munique avec un lac ou étang marécageux très-étendu. A
douze cents toises environ, au sud du Charadrus ( rivière
de Marathon), on voit un autre ruisseau d’eau fraîche
qui sort aussi d’un marais moins considérable que le pre-
mier.
«A l’extrémité nord-est de la baie commence une chaîne
étroite de dunes basses, qui se prolonge vers le sud pendant
une lieue en suivant le rivage; elle est couverte de pins pi-
gnons. Derrière ces dunes la plaine n’offre que le maré-
cage cité plus haut, qui continue sans interruption jusqu’au
village de Souli , probablement l’ancien Tricorythus , qui
avec OEnoe, Probalinte, et Marathon, formait la tétrapole
de l’Attique.
«L’autre partie de la plaine, à l’exception du petit marais
au sud, consiste en une campagne unie, cultivée en blé et
en colon, avec quelques oliviers et des poiriers sauvages,
sans aucune clôture; une portion du terrain est en prairies, oii
paissent des bœufs, mais une vaste partie de cette plaine est
tout-à-fait négligée et infestée de chardons et de buissons.
«Le village appelé Marathona, situé dans une vallée res-
serrée et d’une largeur à peu près uniforme, qui s’ouvre
dans la plaine, est à un peu plus d’une lieue de la mer. Cette
vallée est, en général, large de 700 toises et bordée des deux
côtés de hauteurs escarpées; au sud elle est séparée d’une
autre petite vallée qui est ceinte d’éminences rocheuses, et
ressemble à une baie jointe avec la plaine, tandis que la val-
lée de Marathon peut être comparée à une crique ou à un
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