Cagnat, René ; Dussaud, René
Temples et sanctuaires romains — Paris, 1916

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58 CONFÉRENCES AU MUSÉE GUIMET EN 1914.

dont on a exagéré et quelque peu dénaturé la
portée.

A propos du temple d'Aphrodite céleste à Asca-
lon, l'historien grec observe : «Ce temple, comme
me l'apprennent mes recherches, est le plus ancien
de tous ceux de cette déesse; car celui de Chypre a
été bâti sur son modèle, au rapport des Chypriotes
eux-mêmes n(1'. Il y a deux éléments dans ce témoi-
gnage. Le premier est une identification entre la
déesse chypriote et l'Astarté phénicienne qui ne sau-
rait nous surprendre à l'époque d'Hérodote, mais
qui ne préjuge en rien la question d'origine. S'ap-
puyer sur les assimilations mythologiques qui sévis-
saient dès l'époque d'Hérodote pour affirmer l'ori-
gine phénicienne de la déesse chypriote, c'est
commettre une erreur de méthode.

La seconde partie du témoignage d'Hérodote est
infiniment précieuse, elle repose sur une affirmation
de source chypriote. Nous devons admettre qu'à
l'époque d'Hérodote, le sanctuaire de Paphos —
car c'est évidemment ce dernier qui est visé ici, —
présentait une grande analogie de construction avec
un sanctuaire phénicien. C'est-à-dire qu'il devait
consister essentiellement en une enceinte sacrée-,

Hérodote, 1, io5.
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