Cagnat, René ; Dussaud, René
Temples et sanctuaires romains — Paris, 1916

Page: 95
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LE KAÏLÂSA D'ELLORA. 95.

la terre, le feu, le vent seront anéantis, quand au-
ront péri des milliers de Vishnus et des milliers de
Brahmâs, Çiva rassemblera les têtes des dieux déchus,
et de ces têtes il fera son collier. Et il dansera une
danse inimitable. Et les crânes retentiront en se
heurtant sur ses huit épaules. Il chantera des airs
mystérieux que personne ne sait chanter, et goûtera
des plaisirs que personne n'a connus. »

Mais la divinité de Çiva n'apparaît pas tout en-
tière sous les traits farouches que lui prête cette
poésie tamoule. Il y a autre chose en lui. Il est aussi
le dieu d'amour, qui engendre et renouvelle le monde ;
il est le seigneur de l'univers vibrant, qu'il parcourt,
invisible, le père de toute justice, arbre mystique,
rameau brillant, être éblouissant comme la pierre
précieuse! Enfin, lorsque, comme dit le poète, «le
calme se fait sur les eaux de son âme», il apparaît
aux côtés de son épouse Pârvatî, rayonnant de ten-
dre affection, tel un roi qui se délasse au retour de
la guerre, près des fontaines, dans la tiédeur parfu-
mée de ses jardins délicieux.

Mon intention n'est pas d'étudier ici le Çivaïsme
sous ses différents aspects. Si je m'attarde quelques
instants au seuil du Kaïlâsa, c'est afin de pouvoir
plus facilement, devant ses statues et ses reliefs, par-
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