Cagnat, René ; Dussaud, René
Temples et sanctuaires romains — Paris, 1916

Page: 180
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180 CONFÉRENCES AU MUSÉE GUIMET EN 1914.

déformation volontairement comique et spirituelle
des traits du visage et du corps lui-même.

C'est cette histoire que nous essayerons de retra-
cer avec des images.

Ce qui a influencé les Grecs dans leur création du
rire, c'est l'Orient, comme dans Beaucoup d'autres
domaines de l'art. Il n'y a pas de figures qui rient
joyeusement dans l'art oriental antique et les figures
qui sourient sont rares. Mais il y a beaucoup de
ligures qui grimacent et qui ricanent. Le rictus
effrayant et formidable de la bête fauve qui ouvre
la mâchoire et montre les dents, comme pour broyer
d'avance sa victime, a été transposé aux monstres,
aux génies malfaisants qui dans l'antiquité orientale
jouent le rôle du diable de la légende chrétienne.
Le dieu de la fièvre et du mal de tête, qui préside
dans les pays marécageux de la Mésopotamie aux
grandes épidémies, est invoqué et adoré sous les
espèces d'un démon, moitié humain moitié animal,
aux pieds et aux mains armés de griffes, la bouche
largement ouverte dans une grimace menaçante.
C'est de ces modèles chaldéens et assyriens que les
Grecs du viic et du vf siècle, les Ioniens, les Corin-
thiens, tous ceux qui fréquentaient par voies de
terre et de mer les régions orientales, ont tiré leur
répertoire de types effrayants, les Gorgones, les
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