Daly, César [Editor]
L' architecture privée au XIXe siècle: nouvelles maisons de Paris et de ses environs (Sér. 1,1): Hotels privés — Paris: Ducher, 1870

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L’ARCHITECTURE PRIVÉE
AU XIXe SIÈCLE
(SOUS NAPOLÉON III)

NOUVELLES MAISONS DE PARIS ET DES ENVIRONS

HOTELS PRIVÉS — MAISONS A LOYER — VILLAS.

Si le ciel m’eût accordé quelques années, assurément
j’aurais fait de Paris la capitale de l’Univers, et de
toute la France un véritable roman.
(Paroles de Napoléon Ier, le 5 mars 1816.)

BUT DE CE LIVRE.
Cet ouvrage est consacré à faire connaître les habita-
tions construites à Paris et dans les Environs depuis le
commencement du règne de Napoléon III, c’est-à-dire
depuis qu’une administration heureusement inspirée a
entrepris, par d’immenses travaux, d’établir entre la
grande cité parisienne et les besoins de ses habitants une
harmonie qui manquait, et qui était réclamée impérieuse-
ment à la fois par l’industrie et le commerce, par l’art et
l’agrément public, par l’hygiène et la sécurité générales.
Ce grand effort de l’administration a fait naître un
effort pareil de la part des spéculateurs et des archi-
tectes. Les capitalistes et les artistes ont voulu satisfaire
aux exigences croissantes de confort, de luxe et de goût
dans les habitations, que provoquait naturellement dans
la population l’augmentation de la richesse générale, née
du rapide développement de l’industrie et des transac-
tions commerciales du pays.
Favorisées par des circonstances heureuses, les nou-
velles maisons de Paris et des Environs ont vu se réaliser
des progrès notables.
Et c’est pour les constater, pour en étendre au loin et
en généraliser les heureux effets, que nous publions
aujourd’hui cet ouvrage.
Dans notre pensée, ce recueil des plus remarquables
habitations parisiennes du second Empire ne forme
qu’une branche de l’étude générale de l’architecture pri-
vée du siècle; mais c’est celle qui offre le plus d’intérêt
aux architectes que gouvernent les exigences de la pra-
tique de leur art. Toujours sur le terrain, ils n’ont pas
les loisirs que demandent de longues lectures et la
méditation qui en est la suite naturelle; ils veulent être
renseignés sur les derniers progrès introduits dans l’ar-
chitecture des maisons par les architectes les plus expé-
rimentés de France, mais sous la forme à la fois la
plus pratique et la plus expéditive : celle du dessin. C’est
cette forme que nous avons adoptée : nos dessins sont
nombreux et notre texte bref. Les volumes que nous
livrons au public en ce moment n’ont donc pas la préten-

tion de constituer un traité complet d’architecture privée.
Etudier une seule maison dans toutes ses parties, dans
sa distribution générale, l’aménagement de son mobilier,
sa décoration, etc., beaucoup de personnes ne s’en dou-
tent pas, mais c’est tout simplement une œuvre consi-
dérable. Traiter de toutes les parties de l’architecture pri-
vée, de toute la série de nos habitations, c’est encore bien
autrement important : c’est une entreprise énorme.
Qu’on se rende compte seulement de ce que c’est
qu’une simple fenêtre. Au premier aperçu, c’est la
moindre des choses : une percée pratiquée dans la paroi
de la construction, proprement taillée,encadrée peut-être.
Mais après réflexion, qu’est-ce qu’une fenêtre? Plus que
cela assurément: — c’est une baie destinée à laisser passer
la lumière du jour sans donner accès à la pluie, à la neige
et parfois au soleil ; — un moyen de ventiler une salle,
d’en épurer l’atmosphère, d’en laisseréchapper l’air vicié,
sans donner entrée aux rhumes et aux rhumatismes ; —
une ouverture qui permet de communiquer avec l’exté-
rieur, mais qui ne doit pas devenir, pour les voleurs et
les indiscrets, un moyen de se glisser dans l’intérieur;
— une combinaison de choses ayant pour objet de réa-
liser l’utile, mais qui doit devenir aussi un moyen d’em-
bellissement et d’agrément.
Battants de croisée, persiennes, volets pleins inté-
rieurs ou extérieurs, stores extérieurs ou intérieurs, ri-
deaux petits et grands, toutes ces parties constitutives ou
complémentaires de la fenêtre, enfermées dans une étroite
épaisseur, doivent pouvoir cependant se mouvoir libre-
ment, les unes du dedans au dehors ou du dehors au
dedans, d’autres par des glissements horizontaux de
droite à gauche ou de gauche à droite, ou en se dépla-
çant verticalement de haut en bas ou de bas en haut,
sans quejamais ces choses, si distinctes par la matière
qui les compose, les mouvements qu’elles accomplissent
et les fonctions qu’elles remplissent, se heurtent, s’ac-
crochent ou s’emmêlent; mais de façon que toutes
manœuvrent avec ordre et facilité, sans danger pour les
domestiques qui repoussent les persiennes, sans effort
pour la maîtresse qui ouvre ou ferme ses rideaux, pour
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