L' Eclipse: journal hebdomadaire politique, satirique et illustré — 1.1868

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L'ECLIPSE

Il paraît qu'un imbécils a voulu m'insulter.

Les gens qui me connaissent trouveront peut-être un peu
comique le souci que j'en ai pris; mais j'ai un public de
50,000 lecteurs qui voit mes dessins et qui ne connaît pas
mes crimes.

C'est pour ce public que j'affiche sur le mur de ma vie
privée la petite réclame ci-contre.

COUR IMPERIALE
DE PARIS

Greffe du Tribunal
de la Seine

BULLETIN DE RENSEIGNEMENTS

DEMANDES SUR LE HOMME GOSSET D E G UIN ES

Louis-Alexandre, dit André Gill

Résultat de la vérification faîte dans le Casier
judiciaire établi au Greffe du Tribunal de pre-
mière instance de la Seine.

4r*

4i^2»

Vu au Parquet :

Pour le Procureur impérial,

Le Substitut délégué

Certifié conforme :

Par te Greffier soussigné,

Paris, le 29 juin 1858.

oout du présent : Enregistré à Paris, Bureau de la Police

2 fr. 70. correctionnelle, le 29 juin 1868-

Reçu vn franc quinze centimes.

Et maintenant, ta main, Boquillon ! — Tu peux m'épou-

ser, Simonne !

' AND. GILL.

FANTAISIE

.* Les inventeurs d'engins de guerre ne nous laisseront pas un
moment de répit.

"Voilà un Anglais qui expérimente en ce moment aux îles d'Hyè-
res un canon faucheur qui couche vingt mille hommes et les met
en meules en douze minutes.

a% Mais un Lyonnais, qui ne veut pas se laisser distancer par
l'Angleterre, vient d'inventer, de son côté, une cartouche qui se
change en gaz au moment de l'explosion.

„\ Même en y comprenant M. Haussmann, qui passe cependant
pour un édile de première force, je crois que le Lyonnais en
question mérite la palme.

Introduire le gaz jusque dans le faux filet des humains, c'est
diablement plus raide que de le faire établir sur les anciens bou-
levards extérieurs.

m*m Avant la balle à gaz qui nous occupe, nous avions la halle
explosible, dont l'Europe entière est en train de décider la sup-
pression sous le prétexte qu'en faisant éclater les hommes, ça
abime leur fourniment.

,*„ La balle explosible ou balle-à-haehis, n'était que l'enfance
de l'art.

Elle avait bien, il est vrai, l'avantage, en vous arrivant dans le
gras du mollet, de vous faire, deux secondes après, sauter la cer-
velle à deux portées de canon.

Mais la balle à gaz est beaucoup plus pittoresque daDS ses ré-

„*„ Vous en recevez, par exemple, une dans le creux de l'esto-
mac ; le chirurgien arrive ; il peut examiner à son aise la bles-
sure éclairée à giorno jusque dans ses profondeurs par le projec-
tile enflammé.

Pendant toute la durée du traitement, on laisse la balle-carcel

dans son trou afin que le médecin y voie clair pour ses panse-
ments. i#-'

t*w Outre cet avantage, le malade peuij-*"sans inconvénient, se
nourrir d'aliments crus, la balie-gaz se chargeant de leur cuisson.

S'il mange à son déjeuner six œufs frais pondus et un quar-
teron de prunes de Monsieur, il les digère en omelette et en pru-
neaux.

„*„ La balle-combustible, enfin, est appelée a rendre d'énormes
services, surtout dans les campagnes d'hiver où les malheu-
reux soldats meurent de froid.

La fatale retraite de Russie nous eût coûté moins de braves, si
l'armée française eût été munie de ce projectile.

Chaque soldat, en se déchargeant son fusil dans les intestins,
était chauffé pour huit jours.

j,% L'incident de la dame verte du jardin des Tuileries a été
apprécié de différentes manières.

Vous savez que cette excentrique était venue il y a quelques
jours assister au concert en plein vent, vêtue d'un robe verte,
d'un manteau vert, d'un chapeau vert, de bottines vertes, etc.. etc..

%\ La malheureuse a été quelque peu bafouée par la foule, et
quelques chroniqueurs ont paru regretter cet acte de justice popu-
laire.
Je ne trouve pas que ce soit si regrettable que ça,
Sans doute, on a le droit de s'habiller en vert; mais comme les
gens qui .s'habillent autrement que tout le monde n'ont évidem-
ment qu'un désir, celui de se faire remarquer, ils doivent bien
s'attendre à provoquer quelquefois la risée du public.

,*, On serait malvenu dans la vie privée à railler un bègue oh
un louche sur son infirmité.

Mais si ce bègue ou ce louche s'exhiba dans les rôles d'amou-
reux de Bressant ou de Dalaunay, comment retenir ses pommes
cuites ?

/, Les femmes qui foat de la rue un théâtre, et y produisent
leurs toilettes tapageuses et scandaleuses, doivent être traitées
comme au théâtre.

Et il n'y aurait pas de mal à les guérir de cette manie effron-
tée, par quelques exécutions dans le genre de celle dont on a gra»
tifiê la petite dame qui se déguisait en cantharide pour venir
écouter la musique militaire.

Léon Bienvenu.

La cuisinière Soizotte, délaissée par le fusillier Boquillon,
vient d'écrire à son perfide amant une lettre où les doux re-
proches se marient à la plus sanglante ironie.

Celte lettre, nous la publierons dans notre prochain nu-
méro. Nous ne saurions trop recommander aux lecteurs de
VEclipse ce chef-d'œuvre de naïveté et de haut comique.

AH! LÀ PAUVRE PETITE FEMME!

Ah ! la pauvre petite femme !

Mon Dieu, qu'elle est malheureuse, la pauvre petite femme I

Allez ! elle est bien... ennuyée, la chère créature 1

Vraiment, elle n'a pas de chance ; non elle n'a pas de chance,
positivement!

— Mais voyons, pourquoi cela ? Qu'est-ce qu'il y a à&ac ? Que
lui arrive-t-il à cette « pauvre petite femme ? b

Ce qu'il y a !... Ah! enfin! ces exclamations répétées sur le
ton d'une pitié excessivement tendre éveillent en vous une cu-
riosité sympathique. Je m'y sttendaïs, monsieur. Je comptais
vous intriguer, monsieur. Et maintenant, monsieur, peut-être
donneriez-vous deux sous pour savoir ce dont il s'agît?

Eh bien, mon bon monsieur, n'apprêtez pas votre bourse ; ne
fouiliez pas avec un geste élégant dans la pocbe droite de votre
gilet. (Un joli gilet, du reste ; mes complime&ts, monsieur). En
trois mots, et pour rien, je vais vous dire, tout bas* entre nous
(entre hommes, vous entendez ?) ce qui cause la grande peine dô
cette a pauvre petite femme. » Oui, vous allez savoir ce qui fait
froncer en ce moment le fin sourcil de ce joli petit être, et donne
à toute sa mignonne personne un air presque comique d'embar-
ras et de détresse.

C'est « une pauvre petite femms, » c'est convenu ; mais De nous
laissons point trop attendrir, monsieur et. cher lecteur. Souve-
nons-nous à temps de la Bible, qui l'eût appelée, cette Pari-
sienne, « un sêpulckre blanchi. » (On. ne connaissait point la pou-
dre de riz, pourtant.) Souvenona-nous encore de Shakespeare,

qui qualifiait la compagne de l'homme de nperMp

Ct-la posé, revenons à notre adorable mouton '^"'«"tef.
Figurez-vous, monsieur... que cette ravissante dam,
cela est ..lus difficile à dire que je ne pensais - 1 '~~^h
(la pauvre petite femme \) est obligée ce matin ette d»oie
ordre, maïs d'après le conseil de son docteur UQ'aTf8sur^
ans, - le docteur l'a vue naître - d'aller chez J" ? dix*«H
le jovial M. X... Son P^n*,^

«« secret,, ni ea
> Plaisanteries barons.

:rtqUfs

C'est un simple conseil à suivre, (pa;
non, un simple conseil d'ami, vu li
et thermométriques de la température.

Il s'agit tout simplement d'acheter pour quatre
de... un astringent anodin, la moindre des choses °!f ^ *°Us
boîte de poudre de lycopode, je crois. Vous savez ' «ett*""8 ^
qui, répandue avec intelligence sur les chairs délicate ^
les frottements trop rudes et réitérés, si désaeréahlJ' ^kk
est un peu « forte. » 3 ?«and 0„

Vous voyez, cher monsieur, qu'il n'y a pas là de mi,i t
un chat 1 quûl f°u%

Eh bien, quelque soit l'aplomb immense des dame
plupart des circonstances les plus scabreuses de la vie î'*
qu'elles puisent dans le sentiment de leur faiblesse et 7\
innocence, voilà-t-il pas qu'aujourd'hui la « ptmm pelik f
de qui nous parlons (une dame comme les autres, et dont r '
rance n'est pas mince) est très, très... ennuyée; et denniT
minutes elle tournaille dans la rue à vingt naa dP i9 J
du jovial M. X. * Pasdelapûarmacie

Déjà, elle est venue deux fois jusqu'à la porte redoutable
deux fois sa petite main gantée n'a pas trouvé le cour '*'
tourner le bouton. (T. L. B. S. V. P.) ag8 de

C'est bien singulier ! — Je sais bien, — et je dois vous e I
former, — que les comptoirs de la pharmacie sont occupésT
trois grands gaillards d'élèves, aux'yeux pervers, qui ricauent
entre eux ; mais la pauvre petite femme, autrefois, ne se lais* 't
pas intimider par la vue de ces trois grands gaillards.Ellesefl
s'ait : « C'est leur métier. Que m'importe ce qu'ils peuventpenser"
et se dire entre eux à voix basse I »

Sapristi ! Quelle cause inconnue et puissante retient donc cette
« pauvre petite femme a sur le seuil du jovial M, X, et la rend
si confuse ce matin ?

Ah ! voià. — C'est qu'en sortant de chez elle, juste au moment
où, fringante et fraîche, comme une fleur nouvellement épanouie
elle s'élançait d'un pied léger sur le trottoir, un brillant officiel
de la Garde Impériale (Grenadier, que lu l'af'/liges!), tout couvert
d'or et de chamarres, l'avait croisée.

Ce brillant soldat, en grande tenue, oubiiantaoudain le service
l'appel, le rapport..., je ne sais quoi de très important, avait fait
volte face, et, retournant sa moustache, s'était mis à emboîter le
pas avec ardeur, derrière la pauvre petite femme !

C'est alors que des tristesses et des dépits sans nombre avaient
germé dans son cœur de pauvre petite femme très honnête très
dévouée à son mari, mais qui ne trouve rien d'offensant, non,
rien du tout, a ca qu'un officier en tenue glorieuse, tout couvert
d'or et de chamarres, etdont le bonnet à poil étonne et fait rêver,
la remarque, et dois-je le dire, la suive avec obîtiHation.

Certes, pour un teudre cœur pur et charmant, il est deux de se
savoir suivie — en tout bien tout honneur — par un bel homme
de Gère mine. Il y a toujours de l'Omphale dans les filles d'Eve,
Donc il est doux, en regardant à la dérobée dans les glaces des
magasins, de voir Hercule {grande tenue, bonnet à poil, or et
chamarres) marcher sur vos traces.

Cela coûte si peu de ne pas se fâcher, et cela lui fait tant de
plaisir à cet Hercule (môme quand il est dans la Garde) de suivre
une pauvre petite femme, en rupture de gynécée!

Ouï, sans doute, quand on est une « pauvre petite femme (\vô% >
il est agréable de mener en laisse un guerrier de belle pres-
tance (lm94). Mais, quand on se rend chez son pharmacien, le
plaisir n'est pas du tout le môme, et la saveur change singuliè-
rement ; elle devient amère.

On se moque pas mal, j'y consens, de ce qu'un grenadier peut
penser. On se dit : « Ah bien ! après tout, ne suis-je pas libre
« d'aller chercher de ce que le docteur me conseille d'employer
« matin et soir (décoction) ? » On se raisonne de la sorte, et
pourtant on est très... ennuyée d'être suivie justement le jour où
l'on se rend chez le jovial M. X...

Ces choses-là ne s'expliquent pas, monsieur. II faut les de-
viner.

Les militaires n'ignorent rien des vanités humaines I En
voyant la dame que l'on suit, un poëme dans le cœur, entrer
tout à coup chez un apothicaire, que voulez-vous qu'on pense/
Comme on ne peut pas aller tout de suite au fond des choses, on
base sa conviction sur les apparences. Et, remarquez-le, l'espm
aime toujours à chercher midi à quatorze heures en pareille
matière; oui, c'est toujours le mal qu'on suppose d'abord.

LES AMOURS DU FUSILIER MIDOU

(suite)
Par GÉDÉON

Je me pâmai comme comme une carpe, quand

Patma me lança le mouchoir.
Je savais ce que cela voulait dire.....

Le lendemain malin, je me réveillai, mnis j'étais
en turc, la tête comme un genou.

Je mé oh : Pour lora, Miduu, que
te voilà pacha ! Va pour pacha. Et
je mé carrai dans mon. nouvel
uniforme.

Mais v'ià que j'entends du bltft
par le trou de la serrure.

Je regarde
Objekt
Titel: L' Eclipse: journal hebdomadaire politique, satirique et illustré
Detail/Element: Les amours du fusilier Midou (suite) - par Gédéon
Künstler/Urheber: Gédéon  i
Inv.Nr./Signatur: Truebner 2
Aufbewahrungsort: Universitätsbibliothek Heidelberg  i
Schlagwort: Algier  i
Kleidung <Motiv>  i
Mann <Motiv>  i
Frankreich  i
Uniform  i
Infanterist <Motiv>  i
Kahlköpfigkeit  i
Schlaf <Motiv>  i
Soldat <Motiv>  i
Satirische Zeitschrift  i
Spiegel <Motiv>  i
Karikatur  i
Schlagwort Liste: Second Empire
Schlüsselloch <Motiv>
Beschreibung: Bildunterschrift:
"Je me pamai comme comme une carpe, quand Fatma me lança le mouchoir. Je savais cé que cela voulait dire..."
"Le lendémaiu matin, je me réveillai, mais j'étais en turc, la tête comme un genou"
"Jé mé dis: Pour lors, Midou, qué le voila pacha! Va pour pacha. Et jé mé carrai dans mon nouvel uniforme"
"Mais v'là que j'entends du bruit. Jé regarde pa le trou de la serrure"

Signatur: "G"
Herstellungsort: Paris  i
Bildnachweis: L' Eclipse: journal hebdomadaire politique, satirique et illustré, 1.1868, Nr. 24, S. 102_2
Aufnahme/Reproduktion
Urheber: Universitätsbibliothek Heidelberg  i
HeidICON-Pool: UB Französische Karikaturen  i
Copyright: Universitätsbibliothek Heidelberg
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