Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 9.1861

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I

RECHERCHES

L'HISTOIRE DE L'ORFEVRERIE FRANÇAISE

SEIZIÈME SIECLE

(Suite.)

L'orfèvrerie avait su, sous Henri 11, se faire une si belle place à côté
des arts privilégiés, qu'après avoir subi l'influence de l'école de Fontai-
nebleau, elle ne tarda pas à exercer elle-même une action directe sur des
industries qui jusque-là n'avaient eu avec elle que des relations lointaines
et rares. La poterie d'étain, dont l'effort s'était si longtemps borné à
satisfaire les besoins de la vie quotidienne et à fabriquer des ustensiles de
ménage, s'enhardit tout à coup au point de lutter avec l'orfèvrerie, et
s'étudia à reproduire les modèles qu'elle lui fournissait. Nos ouvriers avaient
su de tout temps tirer parti de cette matière si facilement malléable. Dès
12G0, Etienne Boileau mettait en ordre les règlements de la corporation
des potiers d'étain, et pendant les siècles suivants la modeste vaisselle
qu'ils fabriquaient orna les dressoirs de la bourgeoisie et égaya de sa
propreté reluisante la table de plus d'un gentilhomme de province. 11
y avait à Tours, en 1Z|23, un potier d'étain, Jean Goupil, chez qui Marie
d'Anjou ne dédaignait pas de s'approvisionner pour le service de sa mai-
son, et il n'est pas indifférent de remarquer que cette industrie savait se
faire distinguer en Touraine, c'est-à-dire dans le pays qui a fourni à l'or-
fèvrerie tant d'habiles ouvriers. Diverses pièces d'étain figurent dans l'in-
ventaire des meubles du duc de Bourbonnais, dressé sous le règne de
Louis XII. Enfin il paraît que François Ier lui-même possédait de la vais-
selle d'étain, car les comptes royaux compulsés par M. de Laborde men-
tionnent en 1528 le payement d'une petite somme au profit des muletiers
qui avaient transporté cette vaisselle de Saint-Sébastien à Bayonne. La
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