Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2. Pér. 33.1886

Page: 327
DOI issue: DOI article: DOI Page: Citation link: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/gba1886_1/0360
License: Free access  - all rights reserved Use / Order
0.5
1 cm
facsimile
RANDOLPH CALDECOTT

Un sort étrange et cruel pèse depuis quelque temps sur les arts
en Angleterre’. En un espace de moins de quinze ans, nous avons vu
disparaître, impitoyablement fauchés par la mort, ceux d’entre les
chefs de la jeune école anglaise qui promettaient de donner à l’art
de leur pays une impulsion nouvelle et de l’empêcher, par le souffle
de leur talent nourri aux sources vives de la nature, de se figer
encore une fois dans les formules banales de la convention, ou de
s’abandonner aux séductions subtiles et dangereuses de l’Ecole
pré-raphaëlite dans son évolution définitive. C’est ainsi que nous
avons perdu tour à tour George Mason, Frederick Walker, George
Pinwell, et un jeune paysagiste de talent, Cecil Lawson, qui, malgré
ses défauts, promettait plus qu’il n’a pu tenir. Tous ces jeunes peintres
— dont les trois premiers surtout, doués d’une personnalité véritable,
sont connus en France ’ — sont morts à la fleur de l’âge et avant le
plein épanouissement de leur talent; aucun d’eux, à l’exception de
Mason, n’avait, si je ne me trompe, dépassé l’âge de trente-cinq ans,
ce cap redoutable dans la vie des artistes.

Maintenant une douloureuse nouvelle nous arrive d’Amérique :
Randolph Caldecott, qui s’était réfugié en Floride, chassé par les
rigueurs de l’hiver, vient d’y succomber à une maladie de cœur qui

1. Voir Gazette, t. XVIII, 2e pér., p. 634, el I. XV, p. 68, articles de M. A. de
Loslalot, accompagnés de dessins de Walker et de Caldecott.
loading ...