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Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 3. Pér. 3.1890

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Nr. 2
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Michel, André: Le comité français de l'exposition de Copenhague: tableau de P.-S. Kröyer
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https://doi.org/10.11588/diglit.24447#0167

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LE COMITÉ FRANÇAIS A COPENHAGUE. 151

Magne, qui fut l’aimable compagnon et l’historiographe fidèle de
notre voyage, a interrompu un moment un a parte avec Kroyer
(discrètement resté dans un coin avec son camarade Tuxen), pour
venir jeter un coup d’œil sur les plans développés sur la table.

Certes, la délibération est consciencieuse, et ce comité devait
être le résumé de toutes les vertus parlementaires comme il était
la réunion des plus beaux talents. Puvis de Chavannes prend des
notes, Falguière, impressionné par ce tapis administratif, se fait
l’effet d’un ministre, penche la tète et s’abandonne à de graves
méditations; Chaplain, Barrias et Gérome l’assistent; —de l’autre
côté, Bonnat semble vouloir modérer un groupe ardent, où Cazin et
Roll se dressent près de Besnard et de Gervex, pensifs... Antonin
Mercié, Chapu, Carolus Duran, Delaplanche, Gautherin, etc., etc...,
suivent attentivement, mais sans y prendre part, la délibération.

Ivrôyer a dit tout cela avec la belle allure d’un pinceau à la fois
primesautier et savant, plein de verdeur et de vie, et qui sait conci-
lier dans une alliance rare autant que savoureuse, la vieille bonhomie
hollandaise et la moderne inquiétude. C’est un des charmes des
peintres Scandinaves que, très informés de toutes les curiosités
modernes, ils conservent pourtant intact au fond du cœur le trésor
des simples et saines vertus nationales; de même que leur pays
donne au visiteur étranger l’impression d’une Hollande plus maigre
et plus fine, ils sont, dans l’art de notre temps, comme des Hollan-
dais plus vibrants et plus nerveux. On a assez souvent dit ici quelles
sympathies inspire au public français cette jeune école septentrionale
et la belle place que Kroyer y occupe au premier rang. Nous n’avons
.pas à le répéter aujourd’hui, mais, puisque l’occasion nous en est
offerte, nous sommes heureux d’envoyer un souvenir reconnaissant à
tous ces amis de Copenhague, à tous ceux des soirées de Skodsborg,
de Ivronborg, de Frederiksborg, si hospitaliers pour l’art et pour les
artistes français, si simplement et si cordialement accueillants, —
et un hommage à ce généreux pays où, comme le disait excellemment
Lucien Magne ici même, « on croit encore à autre chose qu’à la
force et où les conquêtes de l’art et de la science sont glorifiées de
préférence à toutes les autres ».

ANDRE MICHEL.
 
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