Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 3. Pér. 23.1900

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LES CUIVRES ARABES

(DEUXIÈME ET DERNIEH ARTICLE I)

LE « BAPTISTÈRE DE SAINT LOUIS » AU LOUVRE

La décoration prédominante des figures
d’hommes et d’animaux s’accuse de plus en
plus quand on avance dans le xme siècle,
jusqu’à supprimer même les inscriptions et
envahir totalement le champ de la pièce. Le
témoignage le plus parfait en est offert par
un monument capital que possède le musée
du Louvre : le grand bassin célèbre sous le
nom de « Baptistère de saint Louis ». Cette
appellation lui fut donnée sur la foi de la
légende accréditée par Millin2, qui crut que
saint Louis avait rapporté ce bassin d’Orient
à la suite d’une de ses premières croisades.
Certaines frises décoratives, où il avait cru
voir des chrétiens persécutés par des maho-
métans, avait fortifié en lui cette opinion. Il s’appuyait d’ailleurs
sur l’autorité de Piganiol de la Force, auquel il faisait dire que ce
bassin avait été fait pour le baptême de Philippe-Auguste, ce qui
aurait encore augmenté de près d’un siècle l’antiquité de l’objet. Or,
Piganiol de la Force n'avait jamais émis pareille affirmation. Il

1. Voir Gazette des Beaux-Arts, 3e pér., t. XXII, p. 462.

2. Antiquités nationales, 1791, t. II, p. 62.
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