Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Septieme = Theatre, Tome VII): Theatre — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen. Avec des caractères de G. Haas, 1784 [VD18 90793307]

Page: 119
DOI Page: Citation link: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/voltaire1784bd7/0131
License: Public Domain Mark Use / Order
0.5
1 cm
facsimile
ACTE QUATRIEME.

119

C’est cet amour, c’est lui qui me ramène,
Non pour briser votre nouvelle chaîne,
Non pour oser traverser vos destins ;
Un malheureux n’a pas de tels desseins :
Mais quand les maux où mon esprit succombe
Dans mes beaux jours avaient creusé ma tombe ,
A peine encore échappé du trépas,
Je suis venu , l’amour guidait mes pas.
Oui, je vous cherche à mon heure dernière.
Heureux cent fois en quittant la lumière,
Si destiné pour être votre époux
Je meurs au moins sans être haï de vous !
LISE.
Je suis à peine en mon sens revenue.
C’est vous? ô Ciel! vous qui cherchez ma vue!
Dans quel état! quel jour!... Ah malheureux!
Que vous avez fait de tort à tous deux !
EUPHEMON fils.
Oui, je le sais: mes excès, que j’abhorre,
En vous voyant, semblent plus grands encore:
Us sont affreux, et vous les connaissez ;
J’en suis puni, mais point encore assez.
LISE.
Est-il bien vrai, malheureux que vous êtes!
Ou’enfin domptant vos fougues indiscrètes,
Dans votre cœur, en effet combattu,
Tant d'infortune ait produit la vertu?
EUPHEMON fils.
Qu’importe, hélas! que la vertu m’éclaire?
Ah! j’ai trop tard apperçu sa lumière;
Trop vainement mon cœur en est épris ;
De la vertu je perds en vous le prix.
H 4
loading ...