Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Treizieme): Epitres — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen. Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90793730]

Page: 65
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A UNE DAME. 65
Sous les efforts de l’art admirer la nature,
Du brillant (2) Cagliari saisir l’esprit divin,
Et dévorer des yeux la touche noble et sûre
De Raphaël et du Poussm.
De ces appartemens qu’anime la peinture,
Sur les pas du plaisir je vole à l’opéra.
J’applaudis tout ce qui me touche,
La fertilité de ( j ) Campra,
La gaîté de Mouret, les grâces de Destouche :
Pélissier par son art, le Maure par sa voix, {b )
Tour à tour ont mes vœux , et suspendent mon choix,
Quelquefois, embrassant la science hardie
Que la curiosité
Honora par vanité
Du nom de philosophie,
Je cours après Newton dans l’abyme des cieux ;
Je veux voir si des nuits la courrière inégale,
Par le pouvoir changeant d’une force centrale ,
En gravitant vers nous s’approche de nos yeux,
Et pèse d’autant plus qu’elle est près de ces lieux ,
Dans les limites d’un ovale.
J’en entends raisonner les plus prosonds esprits,
Maupertuis et Clairault, calculante cabale:
Je les vois qui des cieux franchissent l’intervalle,
Et je vois trop souvent que j’ai très-peu compris.
De ces obscurités je passe à la morale;
Je lis au cœur de l’homme, et souvent j’en rougis.
J’examine avec soin les informes écrits ,
Les monumens épars, et le style énergique
De ce fameux Pascal, ce dévot satirique.
(3) Paul Véron'e(e„ (3) Musiciens agréables-
Epitres. F,
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