Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Treizieme): Epitres — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen. Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90793730]

Page: 192
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Prêta des agrémens au chalumeau champêtre ;
Mais il vantait des soins qu’il craignait de connaître ,
Et de ses faux bergers il fit de beaux esprits.
Je veux que le cœur parle , et que l’auteur se taise :
Ne célébrons jamais que ce que nous aimons.
En fait de sentiment l’art n’a rien qui nous plaise ;
Ou chantez vos plaisirs , ou quittez les chansons ;
Ce sont des faulsetés , et non des fictions.
Mais quoi ! loin deTaris se peut-il qu’on respire ?
Me dit un petit maître, amoureux du fracas.
Les plaisirs dans Paris voltigent sur nos pas ;
On s'oublie, on espère , on jouit, on délire;
Il nous faut du tumulte , et je sens que mon cœur ,
S’il n’est pas enivré , va tomber en langueur.
Attends, bel étourdi, que les rides de l’âge
Mùrisfent ta raison, sillonnent ton visage ,
QueGaussin t’ait quitté, qu’un ingrat t’ait trahi,
Qu’un Bernard t’ait volé , qu’un jaloux hypocrite
T’ait noirci des poisons de sa langue maudite,
Qu’un opulent fripon, de ses pareils haï,
Ait ravi des honneurs qu’on enlève au mérite;
Tu verras qu’il est bon de vivre ensin pour soi,
Et de savoir quitter le monde qui nous quitte.
Mais vivre sans plaisir, sans faste, sans emploi i
Succomber sous le poids d’un ennui volontaire !
au sage Fontenelle des premières éditions : c’est que le sage Fontenelle
n’avait pas contre les préjugés la haine active de M. de Voltaire i qu’iî
le laiss'a combattre seul, cachant avec soin aux ennemis de la raison le
mépris qu’il avait pour eux, et ne s’intéressant point assez à la vérité où
à ses apôtres pour risquer de se brouiller aves lespersécuteurs.
De
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