Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Seizieme = Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations, Tome I): Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen, Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90794079]

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H4 ORPHÉE, MINOS, etc.

Hébreux pouvaient bien aussi les croire ; que si tous
les législateurs de l’antiquité ont établi de sages
lois sur ce fondement; Mo'tfe pouvait bien en user
de même : que s’il ignorait ces dogmes utiles ; il
n’était pas digne de conduire une nation : que s’il
■les savait et les cachait ; il en était encore plus
indigne.
On répond à ces argumens , que DIEU, dont
Moife était l’organe, daignait se proportionner à la
grossièreté des Juifs. Je n’entre point dans cette
question épineuse ; et respectant toujours tout ce
qui est divin, je continue l’examen de l’histoire des
hommes.

DES SECTES DES GRECS.

IL paraît que chez les Egyptiens , chez les Persans,
chez les Chaldéens, chez les Indiens, il n’y avait
qu’une secte de philosophie. Les prêtres de toutes
ces nations étant tous d’une race particulière ; ce
qu’on appelait la fagejje, n’appartenait qu’à cette
race. Leur langue sacrée , inconnue au peuple, ne
laistait le dépôt de la icience qu’entre leurs mains.
Mais dans la Grèce, plus libre et plus heureuse,
l’accès de la raison fut ouvert a tout le monde ;
chacun donna l’essor à ses jidées ; et c’est ce qui
rendît les Grecs le peuple le plus ingénieux de la
terre. C’est ainst que de nos jours, la nation anglaise
est devenue la plus éclairée, parce qu’on peut penser
impunément chez elle.
Les Stoïques admirent une ame universelle du
monde, dans laquelle les âmes de tous les êtres
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