Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Bearb.]; Haas, Wilhelm [Bearb.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Dix-Septieme = Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations, Tome II): Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen, Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90794087]

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ET DE LA SUPERSTITION. 27
passer et y repasser d’un pas grave pour reprendre
son manipule, c’est une de ces aventures de la
Légende dorée, dont il n’est plus permis de parler à
des hommes raisonnables.
La dernière épreuve que je rapporterai , est Combat
celle dont on se servit pour décider en Espagne, ^^el>e
après la prise de Tolède , si on devait réciter l’office
romain, ou celui qu’on appelait mosarabique.
On convint d’abord unanimement de terminer la
querelle par le duel. Deux champions armés de
toutes pièces combattirent dans toutes les règles
de la chevalerie. Dom Ruis de Martanza, chevalier
du missel mosarabique, fit perdre les arçons à son
adversaire, et le renversa mourant. Mais la reine
qui avait beaucoup d’inclination pour le missel
romain, voulut qu’on tentât l’épreuve du feu.
Toutes les lois de la chevalerie s’y opposaient.
Cependant on jeta au feu les deux missels, ‘qui
probablement furent brûlés : et le roi , pour ne
mécontenter personne , convint que quelques églises
prieraient die u sélon le rituel romain, et que d’autres
garderaient le mosarabique.
Tout ce que la religion a de plus auguste était La fête des
défiguré dans presque tout l’Occident par les cou-f0lu’
tûmes les plus ridicules. La fête des fous, celle des
ânes étaient établies dans la plupart des églises. On
créait aux jours solemnels un évêque des fous; on
fesait entrer dans la nef un âne en chappe, et en
bonnet quarré. L’âne était révéré en mémoire de
celui qui porta JESUS-CHRIST.
Les danses dans l’église, les festins sur l’autel ,
les dissolutions , les farces obscènes étaient les
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