Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Dix-Septieme = Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations, Tome II): Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen, Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90794087]

Page: 72
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,, comme le plus saint de ses prédécesseurs en a us4
,, avec le moindre des miens , et je serai satisfait
Il se fit une paix simulée entre le roi et le prélat.
Becquet revint donc en Angleterre ; mais il n’y revint
que pour excommunier tous les ecclésiastiques , évê-»
ques , chanoines, curés, qui s’étaient déclarés contre
1170. lui. Ils se plaignirent au roi , qui était alors en
Normandie. Ensin Henri II, outré de colère, s’écria ::
,, Est-il possible qu’aucun de mes serviteurs ne me
35 vengera de ce brouillon de prêtre ? ,,
Ces paroles , plus qu’indiscrettes , semblaient
mettre le poignard à la main de quiconque croirait
le servir en assassinant celui qui ne devait être puni
que par les lois.
Thomas assas- Quatre de ses domestiques allèrent à Kenterburi,
que nous nommons Cantorbéri; ils assommèrent à
coups de massue l’archevêque au pied de l’autel.
Ainsi un homme qu’on aurait pu traiter en rebelle,
devint un martyr ; et le roi fut chargé de la honte
et de l’horreur de ce meurtre.
L’histoire ne dit point quelle justice on fit de ces
quatre alsassins : il semble qu’on n’en ait fait que
du roi.
On a déjà vu comme Adrien IVdonna à Henri II la
permission d’usurpèr l’Irlande. Le pape Alexandre III,
successeur d Adrien IV, confirma cette permission ,
à condition que le roi ferait serment qu’il n’avait
jamais commandé cet assassinat, et qu’il irait pieds
nuds recevoir la discipline sur le tombeau de l’ar-
chevêque pat la main des chanoines. Il eût été bien
grand de donner l’Irlande, si Henri avait eu le droit
de s’en emparer , et le pape celui d’en disposer.
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