Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Bearb.]; Haas, Wilhelm [Bearb.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Dix-Huitieme = Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations, Tome III): Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen, Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90794095]

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HENRI VIII SECOUE

i $ 3 0.
2 J uillet.

l’Europe d’être favorables à son amour , de l’autre
l’empereur presser leurs dédiions en faveur de sa
tante, et le roi de France au milieu d’eux soutenir
la loi du Lévitique contre celle du Deutéronome,
pour rendre Charles - Quint et Henri VIII irréconcilia-
bles. L’empereur donnait des bénéfices aux docteurs
italiens qui écrivaient sur la validité du mariage de
Catherine : Henri VIH payait par-tout les avis des
docteurs qui se déclaraient pour lui. Le temps a
découvert ces mystères : on a vu dans les comptes
d’un agent secret de ce roi , nommé Crouk : A un
religieux fervite un écu, à deux de lobfervance deux ecus ,
au prieur de S‘ Jean quinze ecus , au prédicateur Jean.
Manno vingt ecus. On voit que le prix était différent
lelon le crédit du sufirage. Cet acheteur de décidons
théologiques s’excusait en protestant qu’il n’avait
jamais marchandé , et que jamais il n’avait donné
l’argent qu’après la signature. Enfin les universités
de b rance, et sur-tout la Sorbonne, décidèrent que
le mariage de Henri avec Catherine dé E(pagne n’était
point légitime , et que le pape n’avait pas le droit
de dispenser de la loi du Lévitique.
Les agens de Henri E777 allèrent jusqu’à se munir
des suffrages des rabins : ceux-ci avouèrent qu’à la
vérité le Deutéronome ordonnait qu’on épousât la
veuve de son frère ; mais iis dirent que cette loi
n’était que pour la Palestine , et que le Lévitique
devait être observé en Angleterre. Les universités
et les rabins des pays autrichiens pensaient tout
autrement ; mais Henri ne les consulta pas : jamais
les théologiens ne firent voir tant de démence et
tant de balsesse.
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