Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Dix-Huitieme = Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations, Tome III): Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen, Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90794095]

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DES ANGLAIS
confidérer la culture des terres comme le premier
bien , tandis qu’en Espagne on commençait à négliger
ce vrai bien pour des trésors de convention. Le
commerce des trésors du nouveau monde enrichis-
sait le roi d’Espagne : mais en Angleterre le négoce
des denrées était utile aux citoyens. Un simple
marchand de Londres nommé Gresham , dont nous
avons parlé , eut alors assez d'opulence et allez de
générosité pour bâtir à ses dépens la bourse de Londres
et un collège qui porte son nom. Flusieurs autres
citoyens fondèrent des hôpitaux et des écoles :
c’était-là le plus bel effet qu’eût produit la liberté.
De simples particuliers fesaient ce que font aujourd’hui
les rois quand leur administration est heureuse.
Revenus de Les revenus de la reine Elijabeth n’allaient guère
u couronne. au_de^ c}e six cents mille livres sterling, et le nombre
de ses sujets ne montait pas à beaucoup plus de quatre
millions d’habitans. La seule Espagne alors en conte-
nait une fois davantage. Cependant Elijabeth se dé-
fendit toujours avec succès, et eut la gloire d’aider
à la fois Henri IV à conquérir son royaume, et les
Hollandais à établir leur république.
Il faut remonter en peu de mots aux temps
d'Edouard VI et de Marie, pour connaître la vie et
le règne d'Elijabeth.
Cette reine, née en 1533 , fut déclarée au berceau
héritière légitime du royaume d’Angleterre , et peu
de temps après déclarée bâtarde, quand sa mère Anne
Echafauds Boulen passi du trône à l’échafaud. Son père, qui
très - com-r, •. r • ’i
munsàLon-1 nit la vie en T547 , mourut en tyran, comme il
dre$. avait vécu. De son lit de mort il ordonnait des sup-
plices , mais toujours par l’organe des lois. Il lu
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