Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Dix-Huitieme = Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations, Tome III): Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen, Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90794095]

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474 ELISABETH,
Elle change Immédiatement après, elle convoqua un parle-
ür iehg1011' ment, qui établit la religion anglicane telle qu’elle
est aujourd'hui , et qui donna au souverain la
suprématie , les décimes et les annates.
Elle en est Elifabeth eut donc le titre de chef de la religion
e £hcf’ anglicane. Beaucoup d’auteurs , et principalement
les italiens , ont trouvé cette dignité ridicule dans
une femme; mais ils pouvaient considérer que cette
femme régnait, qu’elle avait les droits attachés au
trône par les lois du pays , qu’autrefois les souve-
rains de toutes les nations connues avaient l’inten-
dance des choses de la religion , que les empereurs
romains furent souverains pontifes ; que si aujour-
d’hui dans quelque pays l'Eglise gouverne l’Etat,
il y en a beaucoup d’autres où l’Etat gouverne
l’Eglise. Nous avons vu en Rusïie quatre souveraines
de suite présider au synode qui tient lieu du patriar-
chat absolu. Une reine d’Angleterre qui nomme un
archevêque de Cantorbéri, et qui lui prescrit des
lois, n’est pas plus ridicule qu’une abbesse de Fon-
tevrault qui nomme des prieurs et des curés, et
qui leur donne sa bénédiction : en un mot chaque
pays a ses usages.
Tous les princes doiventse souvenir, etles évêques
ne doivent pas perdre la mémoire de la fameuse lettre
de la reine Elifabeth à Heaton, évêque d’Ely.
Présomptueux prélat,

J'apprends que vous différez à conclure l'affaire dont
Vous êtes convenu ; ignorez-vous donc que moi qui vous ai
élevé, je puis également vous faire rentrer dans le néant?
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