L' art décoratif: revue de lárt ancien et de la vie artistique moderne — 8,2.1906

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LA PEINTURE ET LA SCULPTURE AU SALON D'AUTOMNE

passion l'art de demain. Cette jeunesse-là,
on ne la rencontre pas exclusivement dans
telle ou telle chapelle, on trouve de ses
représentants partout. Il y en a au Salon
d'Automne, il y en a au Salon des Artistes
Français, il y en a à la Société Nationale
et il y en a qu'on a encore acceptés nulle
part et qui portent cependant en eux un
peu de la gloire future. C'est pour cette
jeunesse, en dehors de toute idée pré-
conçue — qu'aurait dû vivre le Salon d'Au-
tomne. C'est en accueillant d'où qu'ils vien-
nent et quelles que soient leurs formules,
tous ceux qui faisaient preuve de vitalité
artistique que l'on pouvait faire œuvre de
vérité et de justice. Est-ce que l'histoire de
l'Art ne nous enseigne pas la vanité des
écoles et des procédés? Ne savons-nous pas
que les formules passent, que ce n'est jamais
par elles qu'un artiste demeure et que les
seules œuvres qui restent ne comptent que
par des qualités essentielles communes aux
artistes de tous les temps et de tous les
pays? Les exagérations plus ou moins co-

casses peuvent amuser un temps, elles Unis-
sent toujours par sombrer dans le ridicule
comme jadis le langage amphigourique des
précieuses.
Hélas ! il faut bien reconnaître — et je
le fais avec une certaine tristesse, moi qui
fut le promoteur de la Société et qui donnai
trois ans d'opiniâtre activité à sa constitu-
tion — il faut reconnaître que le Salon
d'Automne est tombé au pouvoir des sec-
taires. Ce n'est pas ici la place d'expliquer
toutes les raisons qu'il y avait de fonder le
Salon d'Automne qui n'est pas — comme
semble l'insinuer M. Roger Marx — né au
caprice du hasard. Ce que je puis dire, ce
que je tiens à dire pour dégager toute ma
responsabilité morale, c'est que je lui avais
rêvé un tout autre but que celui vers lequel
il s'achemine et que j'eusse voulu y voir
fraterniser dans une esthétique concorde les
expressions les plus diverses de la pensée
artistique. Je suis de ceux qui ne trouvent
point extraordinaire d'hospitaliser sous le
même toit Vuillard et Adler, Maillol et


G. PRUNIER

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