L' art décoratif: revue de lárt ancien et de la vie artistique moderne — 2,2.1900

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-sr-sg)-MAI 1900


A. ENDELL * ATEUER ELVIRA « ESCAHER

!'art le plus grand des services que celui-ci réclame.
Si la révolte contre l'ineptie qui préside à l'emploi
qu'on fait de toutes parts du décor inspiré de
la nature a dépassé le but ; si la négation s'est
changée en affirmations hasardeuses, elle n'en
contribuera pas moins puissament à faire éclore
quelque chose de meilleur.
Rien n'est plus funeste à l'art vrai, et plus
contraire aux tendances modernes de la civili-
sation qu'il doit représenter, que la perpétuation
de cette doctrine (en est-ce seulement une?) qui
consiste à observer les choses de la nature, à se
les assimiler, puis à en déposer la copie textuelle
ou plus ou moins altérée sur tout, partout,
au hasard, sans rime ni raison, comme s'il
n'était permis de se passer de cela nulle part.

On ne voit qu'artistes, écrivains, professeurs, s'en
aller répétant sur tous les tons que la nature
est une source inépuisable d'inspirations. Eh!
nous le savons bien ! Ce qu'il faudrait nous ap-
prendre, c'est où, comment, dans quelles con-
ditions, et à quoi ces inspirations doivent servir.
Nous en sommes à attendre que quelqu'un
prenne la peine de nous en informer. En atten-
dant, les fleurs continuent à s'étaler indifférem-
ment sur le mur, le dos d'une chaise, le pied
d'une table, le support d'une lampe, le fermoir
d'un porte-monnaie, le manche d'un parapluie
et la panse d'un poêle. Nous marchons, nous
dînons, nous dormons, nous nous mouchons et
nous serrons notre linge sale dans des fleurs.
Fleurs peintes, imprimées, tissées ; en pierre, en

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