L' art décoratif: revue de lárt ancien et de la vie artistique moderne — 5,2.1903

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L'ART APPLIQUE AU SALON D'AUTOMNE

n'ont pas envahi cette section d'art appliqué;
ii v en a peu, et presque tous étaient dignes
d'étre admis. Ceux de Germain sont
très séduisants ; la finesse de l'exécution, la
délicatesse du coloris, le joli arrangement
des motifs, sont bien féminins, au sens le
plus favorable du mot. Pas de reliefs; un
très léger gaufrage seule-
ment, une gravure déliée,
quelques touches à la pointe
de feu, et c'est tout.
M^Macqueron s'est fait
une spécialité des incrusta-
tions de métal et de nacre,
sur cuir ou sur bois, et elle
use de ce procédé, presque
toujours, avec beaucoup de
bonheur. S'il nous en sou-
vient bien , le paravent
qu'elle exposait au dernier
Salon de la Société Na-
tionale n'était pas sans
prêter à la critique ; cette
fois, elle nous montre un
buvard et un plateau fort
réussis. Sur le buvard,
couvert de Heurs de mar-
ronnier et de feuilles à demi
rongées, se détachent en
haut-relief deux hannetons
aux élytres de bronze, aux
ailes de nacre, qui sont la
vie même. Le plateau est
encore mieux, dans sa sim-
plicité de haut goût. En
bois légèrement teinté, il
porte simplement deux ou
trois champignons à lon-
gues queues grêles, en
cuivre repoussé dont le
modelé est gras et ferme à
la fois, et la patine par-
faite.
Deux relieurs seule-
ment, mais qui comptent parmi les meilleurs
de ce temps : M. Kieffer et M. Meunier.
Celui-ci nous soumet trois somptueuses
reliures en cuir incisé qui sont, comme
toujours, des merveilles d'exécution, sans
pourtant aller jusqu'au vain tour de force.
C'est à la mosaïque de cuir que se
tient M. René Kieffer ; il y est passé maître.
Aucun autre de nos grands relieurs ne le
surpasse et peut-être ne l'égale comme des-

sinateur; aucun n'est aussi pleinement mo-
derne. Il compose toujours lui-même ses
motifs; il a un style bien à lui, et qui est
très beau; l'exécution est impeccable. Il sa-
crihe rarement au symbolisme; il se pour-
rait qu'il eût bien raison. La plus parfaite
peut-être de ses reliures est ornée sur les

deux plats de chardons bleus dont les tiges
partent des nerfs, comme les pentures d'une
porte partent des gonds, disposition qui se
prête à merveille au décor des plats.
Le Salon d'automne réserve à ses visi-
teurs une grosse déception. On achète le
catalogue à l'entrée, on le feuillète, on y
voit que M. Gaillard a envoyé une vitrine
d'objets divers en matières précieuses, on
goûte par anticipation une des plus grandes


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