L' art français: revue artistique hebdomadaire — 3.1889-1890 (Nr. 105-157)

Seite: hj
DOI Heft: DOI Seite: Zitierlink: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/art_francais1889_1890/0218
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen Nutzung / Bestellung
0.5
1 cm
facsimile
L’ART FRANÇAIS

Il faut aller étudier à loisir ces types si divers et si curieux que
l’excellent dessinateur a rassemblés, types de mineurs, d’élèves et
de professeurs du Conservatoire, d’invalides, d’enfants assistés,
de prisonniers, de chanteurs, de danseuses et d’habitués de
l’Opéra, types de la Bourse, des Halles, etc., et toute cette série
de portraits de contemporains, qui ont paru dans la Tfevue Illus-
trée : Coppée, Saint-Saëns, L. Halévy, etc. L’exposition de l’œu-
vre de M. Paul Renouard, dont le catalogue est précédé d’une
charmante préface de M. Armand Dayot, est l’une des plus inté-
ressantes que nous sachions.

EXPOSITION ABBEMA

Ml,e Louise Abbéma vient de réunir, dans l’un des salons de
M. Georges Petit, rue de Sèze, un certain nombre de portraits,
panneaux décoratifs, tableaux, éventails et médaillons.

On a dit de M. Chaplin — qui fut le premier maître de Mlle
Louise Abbéma — que l’année se composait, pour lui, de
douze mois de mai. C’est encore plus vrai pour sa brillante élève
qui semble littéralement marcher sur un chemin de roses...

Voyez plutôt ce pastel à divers compartiments séparés par une
éblouissante gerbe de roses. Dans la partie de gauche, un château
se dresse au fond d’une vaste pelouse ; un autre château à droite,
et enfin, une église occupe le compartiment supérieur. Sur le
cadre, une merveille de sculpture sur bois, on lit ces deux dates :
1864-1889.

Le titre exact de cette composition est : 90 mai iS6f — 90
mai iSSy. Elle a été commandée à l’artiste par le duc d’Orléans
et la princesse Hélène et offerte au comte et à la comtesse de
Paris, à l’occasion du 25e anniversaire de leur mariage. L’église
qui est représentée dans la partie haute du tableau est celle de
Queenstown, où fut célébré le mariage du prince et de la prin-
cesse.

La maison qui figure au-dessous leur rappellera leur séjour à
Yorkhouse, et en reportant les yeux sur le compartiment de
gauche, le comte et la comtesse de Paris reconnaîtront la façade
du château d’Eu.

Tel est le sens de cette charmante composition, l’explication
de ce souvenir filial.

Les autres ouvrages de Mlle Abbéma ne sont pas moins inté-
ressants, et, à part quelques portraits d’hommes un peu dépaysés
dans ce milieu printanier, — partout des fleurs — ou de jolies
têtes de femmes ! Il faut noter ici un immense tableau : Falaise
fleurie représentant une jeune fille qui regarde la mer, tableau que
M" Abbéma a bien voulu nous autoriser à reproduire et qui re-
trouvera, rue de Sèze, le succès qu’il obtint au dernier Salon.

Parmi les éventails, les Griffes d’or (un sphinx aux bras gantés
de Suède, accroupi sur un tertre fleuri et fouillant de ses yeux
charmeurs, l’immensité des flots bleus et du ciel rose) fantaisie
inspirée par une mélodie de Mnie Augusta Holmes : l'Aurore,

‘Printemps, Venise, autant d’œuvres délicates et ensoleillées.

LES JURYS DU SALON

Les opérations de formation des divers jurys du Salon des Artistes fran-
çais se sont terminées, les 7 et 8 avril, par l’élection des jurvs de sculpture,
de gravure et lithographie et d’architecture.

\ oici les résultats des différents scrutins :

SECTION DE SCULPTURE

Il y avait ;o jurés à nommer, dont a | statuaires, 5 graveurs cil médailles. 2 anima-
L : ', » graveur sur pierres lilies ; — plus 4 jurés supplémentaires, statuaires et un juré

.t dre, graveur sur pierres fines.

Le vote, qui a été clos à quatre heures, a été présidé par M. Bailly, président de la
Société, assisté de MM. Thomas et Etienne Leroux.

Il y avait 382 votants.

Les 24 statuaires élus, sont :

MM. Mathurin Moreau, 332 voix; Etienne Leroux, 315 ; Doublemard, 301 ; Gau-
therin, 293 ; Turcan, 270 ; Antonin Mercié, 263 ; Paul Dubois, 254 ; Bartholdi, 251 ;
Barrias, 250; Chapu, i49 ; Falguière, 247; Guilbert, 245; Guillaume, 237 ■’Albert
Lefeuvre, 231; Boisseau, 230; Cambos, 214; Thomas, 210 ; Paris, 209 ; Captier,
206 ; Delaplanche, 206 ; Blanchard, 205 ; Morice, 193 ; Cavalier, 188 ; Gauthier, 181.’
Les membres supplémentaires :

MM. Thabard, Millet, Croisy et Boucher.

Les 3 graveurs en médailles élus sont :

MM. Alphée Dubois, 322 voix ; Levillain, 273 ; Chaplain, 163.

Les deux animaliers élus sont :

MM. Frémiet, 236 voix; Caïn, 203.

Le graveur sur pierres fines, élu, est M. G. Lemaire, 147 voix, et le membre sup-
plémentaire, pour cette section du jury, est M. Vaudet.

Ont obtenu ensuite le plus de suffrages :

MM. Antonin Cariés, 154 voix ; Vallon, 145 ; Gardet, 144 ; Steiner, 144 ; de Saint-
Marceaux, 128 ; Max Bourgeois, 124; Barrau, 121 ; Roubaud, 119 ; Rollart, 116 ;
Aubé, 107 ; Perrey, 104.

(Rappcdons que le mode du roulement a été adopté pour le jury de sculp-
ture et qu’à la fin de ses opérations, dix de ses membres seront tirés au sort
pour n’être point rééligibles l’an prochain).

SECTION DE GRAVURE

Les graveurs avaient seize jurés à nommer, dont quatre graveurs au burin, quatre
graveurs à l’eau-forte, quatre graveurs sur bois et quatre graveurs lithographes.

Voici le résultat du scrutin :

‘Burin. Votants 27. — Ont été élus: MM. Didier (Adrien) avec 25 voix; Achille
Jacquet, 24 ; Alphonse Lamotte, 24 ; Léopold Flameng, 23.

Ont obtenu ensuite le plus de voix : MM. Jules Jacquet et Lévy.

Eau-forte. Votants 112. — Ont été élus : MM. Chauvel, 88 ; Courtry, 76 ; Lccou-
teux, 73 ; Lefort, 59.

Ont obtenu ensuite le plus de voix : MM. Laguillermie et Mengin.

Bois. Votants 82. — Ont été élus : MM. Robert, 77 ; Langeval, 75 ; Baude, 72 ;
Berrichon, 69.

Lithographie. Votants 57. — Ont été élus : MM. Gilbert, 48 ; Maurou, 45 ; David
42 ; Sirouy, 42.

Ont obtenu ensuite le plus de voix : MM. Chauvel et Didier.

SECTION D’ARCHITECTURE

Les architectes avaient à nommer douze jurés et deux jurés supplémentaires.

11 y avait 89 votants.

Ont élus : MM. Bailly, avec 69 voix ; Garnier, 69 ; Daumet, 66 ; Vaudrcmer, 66 ;
Coquart, 65 ; Mayeux, 62 ; Ginain, 61 ; Pascal, 61 ; Loviot, 50 ; Raulin, 26 ; Bœs-
wilhvald, 18 ; Lisch, 13.

Les deux jurés supplémentaires sont : MM. Guadet, 13 voix, et de Baudot, 15
voix.

----

JiCHOS ARTISTIQUES

Une innovation, qui sera certainement bien accueillie des artistes et des amateurs, va
être introduite dans le service de la chalcographie du Louvre. Un arrêté ordonnant le
dépôt au cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale de ce qu’011 appelle les
« épreuves d’état » est actuellement soumis à la signature du ministre de l’intruction
publique et des Beaux-Arts et sera mis en vigueur d’ici à quelques jours.

Les mots n épreuves d’état » pouvant paraître un peu techniques, il ne sera pas inutile
d’en donner une rapide explication :

On sait que le musée du Louvre possède un cabinet de chalcographie, mettant à la
disposition du public pour des sommes extraordinairement modiques des reproductions
par la gravure des chefs-d’œuvre du musée. Tous les ans, pour augmenter ce fonds,
l’administration commande à nos graveurs les plus en vue un certain nombre d’estampes.
Son travail en train, le graveur fait tirer, pour se rendre compte de la façon dont
marche l’exécution, des épreuves successives de sa planche. Ce sont ces épreuves qu’on
nomme des états.

Jusqu’à présent ces états, remis au bureau des travaux d’art, n’avaient reçu aucune
affectation spéciale. Les épreuves demeuraient la propriété de l’artiste qui les reprenait
après examen d’un inspecteur des Beaux-Arts ou qui les abandonnait. De toutes façons
elles étaient perdues. L’artiste lui-méme ne pouvait en tirer parti. Il y aurait eu, len
effet, presque une indélicatesse de sa part à vendre des exemplaires d’une gravure com-
mandée par l’Etat et payée par anticipation.

Désormais, il n’en sera plus ainsi. L’arrêté, dont nous venons de parler, décide que
ces épreuves seront rigoureusement conservées au bureau des travaux d’art jusqu’à
l’achèvement complet de la planche, et qu’ensuite elles seront attribuées avec une
épreuve définitive au cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale.

De cettte façon, et sans bourse délier, notre cabinet des estampes va s’enrichir,
chaque année, d’un certain nombre d’épreuves uniques, et qui, dans l’avenir prendront,
par suite même de leur rareté, une valeur considérable.

X

Nous avons le regret d’apprendre la mort de M. Grégoire Henner, frère de l’éminent
ai Este J.-J. Flenner.

M, Grégoire Henner avait occupé autrefois d’importantes fonctions au musée
du Louvre.

L’Administrateur-Gérant : SII.VESTRE
Imprimerie SI l.l I S IRE et Cie, rue Obcrkampf, 97, à Paris.
loading ...