L' art ornemental: revue hebdomadaire illustrée — 2.1884

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DIX CENTIMES LE NUMÉRO

PARIS 33, avenue de l'OpÉra. Paraissant tous les Samedis. BRUXELLES : A. N. Lebêgue et C'\

TURIN: Mattirolo Luigi, io, Via Po. Directeur el Rédacteur en Chef : G. DARGENTY NEW-YORK : Brentano Brothers.

P»ris etDép. : Un in, 5 fr. — Six mois, 2 fr. 50 ON S'ABONNE SANS FRAIS DANS TOUS LES BUREAUX DE POSTE Union postale : Un m, 8 fr. — Six mois, 4 fr.

EXPLICATION DES PLANCHES

Table en bois sculpté et doré.

Notre table est un travail français du temps de Louis XIV. Elle est à
quatre faces et provient de Versailles. Elle a appartenu au grand Dauphin,
fils de Louis XIV, et fut donnée à Necker par Louis XVI.

Le règne de Louis XIV est le triomphe du bois doré : les consoles
couvertes en marbres rares ou en mosaïque de Florence, les tables à dessus
de granit et de porphyre étaient charpentées à pieds massifs, à tabliers

découpés, où les soleils, les mascarons, les attributs, les ornements les plus
variés se détachaient sur des fonds quadrillés. Les entrejambes à rinceaux
se relevaient en volutes, portant souvent au centre des vases élégants. On
retrouvait les mêmes dispositions dans les pieds des sièges, vastes fauteuils à
dos élevé, à bras ouverts et contournés, canapés immenses, couverts de
velours, de tapisseries à fleurs et sujets, ou de soies brochées à fleurs
harmonieusement mêlées.

L'époque Louis XV montre le bois sculpté et doré partageant toutes
les excentricités du bronze appliqué aux meubles. Il entoure les glaces de
ses chicorées impossibles, dit M. Jacquemart, se tord en appliques suppor-
tant des lumières, pousse en végétations fabuleuses mêlées de dragons
insensés pour soutenir les consoles; il ne sait même pas devenir plus sage

Table en bois
Travail français d

pour encadrer les œuvres de la peinture, et ses rinceaux à branches
détachées, ses chutes de fleurs s'échappant de rocailles à profils singuliers,
entourent les portraits aux toilettes compassées ou les compositions mytho-
logiques de Natoire et des Vanloo.

Sous Louis XVI, époque de délicatesses de tous genres, le bois entre
dans une phase nouvelle : il se prive de sa parure d'or pour se montrer
revêtu d'une simple impression de peinture blanche à peine relevée, dans
quelques cas, de moulures d'un lilfis doux ou d'un bleu céleste. La table
que reproduit notre gravure est de la plus belle époque du bois doré.

Plat en faïence de Puente del Arzobispo.

Cette pièce est un type d'une fabrique qui n'est pas signalée dans les

sculpté et doré,
temps de Louis XIV.

ouvrages de céramique. Elle présente à ce point de vue un intérêt tout
particulier. La faïence de Puente del Arzobispo a l'apparence du sgraffiato
ou faïence gravée d'Italie, mais elle est faite en réalité par un autre procédé,
sans emploi de l'engobe de terre blanche. Le dessin semble d'abord avoir
été tracé en manganèse sur l'argile cuite, puis rempli d'un fond d'émail
blanc, de jaune, de vert et de bleu gris ; le dessin peut alors avoir été
retouché ou avivé avec un instrument de fer, et la pièce cuite ensuite.
L'exécution est grossière et il y a peu de trace d'influence moresque, sauf
dans la forme de quelques feuilles et dans la disposition des couleurs.

Puente del Arzobispo est une petite ville de la province de Tolède
située à peu de distance de Talavera. Ses produits étaient renommés
autrefois, ainsi que le prouve ce passage d'un auteur qui écrivait en 1645,
c'est-à-dire plus d'un siècle après l'époque d'où date notre plat : « Villa
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