Barthélemy, Jean Jacques
Voyage du jeune Anacharsis en Grèce (Atlas): Atlas — Paris: Étienne Ledoux, libraire, 1824

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bras de mer qui pénètre dans l’intérieur des terres. Au pied
de la montagne qui borne la plaine au midi se trouve un
hameau appelé Vrana , qu’on suppose occuper l’emplace-
ment de Brauron. A l’entrée de la vallée de Marathon , à
gauche, en venant de la plaine, on rencontre les deux vil-
lages de Bey et Sefiri. Une source abondante , qui est si-
tuée à g5o toises au-dessus du village de Marathon, est en-
tourée de fondations circulaires de construction ancienne.
Le ruisseau dérivé de cette fontaine (la fontaine Macaria,
de Pausanias ) descend dans la vallée, parallèlement au Cha-
radrus, jusqu’à une distance de 700 toises, où un conduit
en bois porte ses eaux par dessus la rivière, et il continue
son cours jusqu’au village, où il est employé à l’arrosage des
jardins. Au-dessus de la fontaine s’élève une colline ro-
cheuse et isolée, au sommet de laquelle on voit une caverne
dont l’entrée est basse, et qui est naturellement divisée en
plusieurs appartements. D’après le récit de Pausanias, c’est
peut-être la montagne et la grotte de Pan. Dodvvell et
d’autres voyageurs modernes, qui ont visité la grotte de Pan,
racontent qu’il faut y entrer en rampant. Ils y ont vu de
nombreuses stalactites dont les formes variées peuvent ser-
vir à expliquer le merveilleux qui se trouve dans le récit de
Pausanias, et ce qu’il appelle le troupeau de Pan, composé de
rochers ayant, pour la plupart, la figure de chèvres.
«Aujourd’hui on aperçoit, vers le milieu de la plaine, un
grand tertre en terre, haut de vingt-cinq pieds; dans un pe-
tit marais, près de la mer, sont les vestiges de dix monu-
ments avec des fondements en marbre et des fragments de
colonnes. Le grand tertre est vraisemblablement le tom-

beau des Athéniens tués pendant l’action. Deux autres mo-
numents , sur la même ligne que le tertre, sont sans doute le
trophée élevé à Miltiade et le tombeau des Platéens. »
Une description aussi minutieuse prouve le soin avec le-
quel le levé a été fait par le colonel Squire, et rend tout-à-
fait intelligible la défaite de 100,000 Perses par 10,000 Grecs.
En effet les Athéniens placés, comme je l’ai marqué sur
le plan, à l’entrée de la vallée, sans crainte d’être tournés,
mirent les Perses dans la nécessité de leur opposer un front
de la même étendue que le leur. Leur sage précaution d’affai-
blir leur centre pour renforcer leurs ailes , de faire fléchir
ce centre pour attirer dans le défilé des troupes peu aguer-
ries qu’ils refoulèrent dans les marais, après les succès ob-
tenus par leurs ailes, prouve que Miltiade avait bien étudié
le terrain, et que le but de ses dispositions était d’éviter les
charges de la cavalerie des Perses, les Athéniens n’ayant que
de l’infanterie.
Un passage du récit d’Hérodote laisse croire que les Athé-
niens , après les prudentes dispositions qu’ils avaient prises,
auraient attaqué les Perses à la course, en franchissant un
espace de huit stades, et seraient ainsi venus se battre en
plaine, exposés à être pris par derrière par la cavalerie, et
coupés même entièrement de la seule route qui conduise à
Athènes.
Si les Athéniens eussent espéré de mettre de suite les Per-
ses en déroute, en les étonnant par une attaque impétueuse
et imprévue, ils eussent encore commis une grande faute;
mais puisque Hérodote dit lui-même que la bataille dura
long-temps, et que les barbares furent vainqueurs au centre,
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