Cagnat, René ; Dussaud, René
Temples et sanctuaires romains — Paris, 1916

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LA QUESTION DES RITES CHINOIS. 169

fucius et aux Ancêtres et ils devaient accepter le
terme unique de Tien Tchou, Seigneur du Ciel, pour
désigner Dieu. A Dieu ne plaise que je critique le
verdict du Saint Père! En matière de dogme, un
grand théologien, comme l'était Benoît XIV, ne pou-
vait se tromper, et cependant, parmi ses prédé-
cesseurs, Alexandre VII approuvait ce qu'il con-
damnait. Chigi était-il moins infaillible que Lam-
bertini? Si le Souverain Pontife avait pour lui le
dogme, les Jésuites avaient une expérience pratique
presque séculaire: la Bulle de i y 4 a marquait, non
pas un arrêt, mais un mouvement rétrograde dans
le développement des missions. Le Chinois est un
être supérieurement intelligent et la morale n'est pas
négligeable, du philosophe qui a énoncé cette belle
maxime : «Le sage s'applique sérieusement à la
pratique de la vertu, mesure les autres avec la même
mesure que lui-même et ne s'écarte guère de la voie
de la perfection. Il évite de faire aux autres ce qu'il
n'aime pas que les autres lui fassent à lui-même, v Les
anciens Jésuites avaient compris qu'il fallait s'adresser
à l'élite de la nation; dorénavant, ils ne pouvaient
plus s'adresser qu'aux classes inférieures et sans
influence; la qualité des néophytes devenait tout
autre. La chose eut d'abord peu d'importance,
puisque la fin du xvme siècle fut marquée par la
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