Cagnat, René ; Dussaud, René
Temples et sanctuaires romains — Paris, 1916

Page: 190
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190 CONFÉRENCES AD MUSÉE GUIMET EN 1914.

Les peintres de vases y trouvèrent une abondante
provision de sujets.

Mais, vers le même temps, en Sicile, prospérait
un autre genre de littérature qui eut sur l'essor de
la caricature plastique une influence plus décisive
encore. Dès la fin du ve siècle un contemporain
d'Euripide, Sophron, avait créé le mime, petite
pièce différente de ce que nous appelons la panto-
mime, parce qu'on y parlait et qu'on ne s'y expri-
mait pas seulement par gestes, mais où la mimique
des gestes et du visage avaient une place très
importante. Les acteurs jouaient sans masques; la
scène était petite ; on pouvait suivre de près les jeux
de physionomie. C'était comme la « comédie de
salon v de notre temps à côté de nos comédies de
théâtre. Il n'y avait guère d'action proprement dite ;
c'était un dialogue à deux ou trois personnages. Une
visite, une rencontré, un épisode de la rue ou du
gynécée, servaient de prétexte à ces petites scènes
où les mœurs populaires étaient saisies sur le vif.
Les titres des pièces de Sophron nous renseignent
un peu sur les sujets : le pêcheur de thons, le
pêcheur et le paysan, les ravaudeuses, les sorcières,
les femmes à table. On pense que les Syracusainès
de Théocrite sont un des meilleurs spécimens de ce
genre. Mais nous sommes très bien renseignés par
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