Cagnat, René ; Dussaud, René
Temples et sanctuaires romains — Paris, 1916

Page: 191
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ORIGINES DE LA CARICATURE DANS L'ANTIQUITÉ. 191

une découverte qui date seulement de i8g t et qui
nous a fourni d'un coup huit mimes assez bien con-
servés sur un rouleau de papyrus égyptien acquis
par le Musée Britannique. Les mimes d'Hérondas
sont aujourd'hui bien connus de tous les lettrés(1).
Ils ont été traduits en français par M. Dalmeyda
(Hachette, 18g3) avec une Introduction qui résume
nos connaissances sur ce chapitre de la littérature
antique. Ce sont des scénettes que l'on peut comparer
aux Dialogues d'Henri Monnier. Ilérondas, qui pa-
raît être contemporain de Théocrite et avoir vécu
sous Ptolémée Philadelphe, met en scène une femme
méchante aux prises avec ses esclaves, une mère en
visite chez le maître d'école de son fils, un bavar-
dage entre deux amies, des clientes venant choisir
des chaussures chez le cordonnier, etc. Le tout est
agrémenté de plaisanteries, de drôleries, de réfle-
xions piquantes, et la sauce du dialogue en est sou-
vent fort pimentép. Mais c'est une étude tout à fait
réaliste et pénétrante de la bourgeoisie grecque
du iiic siècle, avec ses tares phvsiques et morales, ses
mœurs dissolues, sa frivolité, sa gaieté spirituelle et
caustique. On peut imaginer que ces rôles, tous
joués par des hommes, prêtaient aux déguisements

(|) Alfred Choiset, Histoire de la Littérature grecque , V, p. i 7 5.
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