Caus, Salomon de
Les Raisons Des Forces Movvantes: Auec diuerses Machines Tant vtilles que plaisantes ... (Band 1) — Frankfurt a. Main, 1615 [VD17-23:296867C]

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TRES-CHRESTIEN

IRE,

Apres auoir mis fin à ceprêtent Iiure3traitant delà raifon des forces
mouuantes,& de plufieurs machines,iay doubté fçauoir û ledit li-
ure meritoitd'eftre dédié à Voftrc Maiefté, d'autantqu'aucuns pour-
ront pcnfer, que ceft art eft pluftoft propre pour des artiians que
pour vn Roy, lequel doibt pluftoft employer Ton temps à biengou-
:® uerner Tes fubiects, à craindre Dieu pour en donner vn gênerai ex-
emple , & à Ce faire redoubter à fes ennemis, ces trois chofes font très requifès à vn
Prince , car ce font les trois colonnes qui fouftiennent fon Eftat, Et en outre pour
gouuerner vn fi grand nombre de peuple,il fera bon qu'il fbit, non feulement alîifté
d'vn nombre de gens verfées en toutes fortes d'arts & fçiences, mais auffi queluy mef-
mefoit aucunement entendu, &fpecialement auxfcicncesdes mathématiques , &
à celles qui defpendent d'icelles, a celle fin de n'eftre fubiecl: a croire aucuns flateurs,
lefquels vqyant vn Prince ingnorant d'icelles,& qu'il fe prefente ocafion de quelque
ceuure,luy font croire tout autrement que ladite ceuure ne peut reufir,tellementque
cela tourne quelque fois à la honte &defolaifir dufdit Prince, Vitruue excellent Ar-
chitecte de fon temps, fait mention en l'Efpitrede fon fécond liure, adreflante à l'Em-
pereur Juiius Cefàrque l'Architecte Dinocrate de Macedone , homme doué de belle
reprefentation de corps, & de hautes imaginations, vint trouuer Alexandre le Grand,
luy reprefèntant par fon difeours, qu'il auoit formé le mont A*thos en fon idée àlare-
femblance d'vneftatue d'homme laquelle pourroit tenir en fa main gauche vne ville
fpacieufe,& en fa droite, vne tafTe qui receuroit tous les fîeuues des montaignes d'a-
lentour, &dela fedefeharger dans la mer, Alexandre trouua le defteing fortbeau,mais
confiderant ladifïïcultéqu'ilyauroit à aporter des viures en ladite ville, eftantlepaïs d'a-
lentour fort fterile n'y voulut entendre, &dudepuis fit baftir par ledit Architecte;, la ville
d'Alexandrie,qui eftencoresaprcfent,ainfiie mgement d'Alexandre furpaffa celuy de
Dinocrates d'autant que cegrandouurage eut efté fait en vain, les Princes fontfouuent
' lolicitezde tels Architcctes& ingénieurs (pluftoft remplis de vaines imaginations que
debonsfondements) pourleurfaireentreprendredesouiuageslefquclles ne peuuent a-
porter aucune vtilité ni pîaifir, teilementquequand lefdits Princes font aucunement
entendus, ils peuuent clairement voir par leurs delleings que l'ceuure ne peut eftre faite
fuiuant leurs imaginations, toutes ces raifons. Sire m'ont donné la hardiefTede vous
prefenter ledit hure, ouen7. ou S, fueilles, font reprefentées les raifons des forces mou-
uantesleplus briefuement& fuccintementqu'il m'a efté poflible,après fuiuent quel-
ques machines aucunes veilles & d'autres plaifantes,&entre les autres Voftrc Maiefté
en pourra recognoiftre quelques vues qui peuuent eftre agitéespar le feul moyen de la
temperaturcdel'air,lequel fe venant àefchaufFerparlemoyendu Soleil,ou afe refroidir
par ion défaut,anime lefdites machines,&parcc moyen l'on peut faire des chofes ad-
mirables, 8cfi ie peux entendreque Voftre Maieftc prenne quelque pîaifir à ce mien petit
ceuure, celame donnera courage de l'augmenter de quelques autresgentils delleings,

3u'ilplaifedoncques à Voftre dite Maiefté le prendre en gré,atendant que faye moyen
e la feruir en chofes plus grandes, ieprieDieu m'en fairela grâce, & a vous, Sire d'e-
ftre maintenu en fàlaincteprotectionôc vous combler defes grâces*
De Hcielberg ce i$. de Feburier Uiç.

D( Kojire UMttteJlé le trts-obdjjm'Jùbielt.

S. de Caus,

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