Caus, Salomon de
Les Raisons Des Forces Movvantes: Auec diuerses Machines Tant vtilles que plaisantes ... (Band 1) — Frankfurt a. Main, 1615 [VD17-23:296867C]

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Desfc

es rorces mouuantes.

JAutANT que lescompofitions,& effets que produiffent toutesfor-
tesdemachines,fontcaufèes parlemoyen desquatres éléments,le£
quels donnent corps & mouuement à icelles» il ma femblé bon de
monftrer la définition d'vn chacun deux en particulier, & auflî au-
cuns deleurs effets.Quand à leurs fîtuations,i'opinioncommune &
la plus receâe des Philofophesjefquels ont difcouru de leurs ordres»
ont i màginé le feu au deflus de l'air, & l'air au deflus de la terre, & de
l'eau, les deuxpremierseftans légers voulanstoufïours monter en haut >& les deux der-
niers pelansj voulans toUfiours defcendre en bas.

DEFINITION PREMIERE.

Le Feu, ejl <vn élément lumineux, chaud tres-fec & très-léger, lequel par fa

chaleur fait grande violences*

L y a de deuxelpecesdefeuj^vneilementairejequeln^eftrubiccliàcorrà-
ption,lequeliecroyeftrelachaleurduSoleil,cartout autrefeuou chaleur
eft fubiet à nourriture^ôc ce qui eft fubiet à perir,donques la chaleur proce-
dantedu corps du Soleileft le feul feu elementaire,la féconde efpecede feu
eftle matériel, lequel eft ditainfî,à eaufequileftnourri&maintenu de
matière corporelle 5 laquelle matière venante a faillir,faut auflî la chaleur,
quand à ce qu'il eft dit lumineux,c'e ft à caufè du Soleil, qui eft la vrâye lu miere naturelle,
ocmefmementla lumière artificielle procède du feu matériel Lafecheté auflî y eft) cela
fê voitencequ'ileftdireétement ennemi de l'humide, ckmefmes qu'il cherche à le de-
flruire,&leschofes mefmes que nous eftimonsfechesj font encoresafèchees par le feu,
comme par exemple 3 ce n^ft pas chofe commune 3 que de croire qu'il y aye aucune hu-
midité au plomb, toucesfois l'expérience nous monftre , que le plomb en table de-
quoy font couuertes les maifons &Eglifes, fe defeche fi fort auec le temps par la cha-
leur du Soleil, qu'il fè cofine & retire en dedans, & fi lefdites tables font fortatachees
contre le bois, & qu'il nefe puifTe retirer en dedans,lefdites tables fe ereueront en plu-
fieurs places, le feu eft auflî dit trefleger pour plufieurs raifonsi premièrement acaufe de
fafituation,ence qu'ileft au deffus desautres elemens,& auflî que nous voyons le feu
matériel monter en haut , auec grande légèreté, & ftmble (comme ont dit aucuns
Philofophes) qu'il veut retourner au lieu de fon originel quand àla violence dufeu,
la plus grande procède du feu matériel, chacun fait le dommage qu'il fait ou il fe met,
foie par accident, ou entreprife délibérée,en Sicille le feu s'eft mis dedans la concauiy
té du mont Gibella, autrement die iEtna, lequel brufîeily a fort longtemps» toutes-
fois il y a aparence que ce feu prendra fin , quand toute lamatiere fulfuree qui l'entre-
tient finira,,1a violence auflî de plufieurs inuentions de machines de guerre, eft admi-
rable , lefquellesfe font auec la poudre à canon» ainfî le feu matériel nousfèrt auflî
bien à faire du mal, comme à faire du bien, & quand au feu élémentaire, il y a aucu-
nes machines en ce liure,lefquelles ont mouuement par le moyen d'iceluy, comme
l'efleuation des eaux dormantes 3& autres machines fuiuantes icellesnondemonftrees
parcydeuant. -

B DEFI-
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