L' Eclipse: journal hebdomadaire politique, satirique et illustré — 1.1868

Seite: 82_2
Zitierlink: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/eclipse1868/0092
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen Nutzung / Bestellung
0.5
1 cm
facsimile
L'ECLIPSL

PRIME DE L'ECLIPSE

Toute personne qui enverra directement eu

mandat ou timbres-poste au directeur du journal, 5,
cité Bergère, à Paris, — le montant d'un abonne-
ment d'un ao à l'Eclipsé, en y ajsutant KO
centimes pour Paris et un franc pour les
départements, — recevra franco l'une des deux
primes suivantes :

1" PRIME
Trente charges d'And. Gill.

2" PRIME

bit

puis

fit puis

AI!

z, c

est ïa de

aïll

Airs,

que voi

fcez

-lo b

on, qu'i

et

ida

tisons, si plaiwrbles
rou3 les demandât,

Un charmant portefeuille or cl coulaur, lubrique spécia-
lement pour l'Eclipsé par la maison gugsn, place de la
Bourse, et contenant dix ravissantes iiqimrollos par E. de
Beaymont.

1° Avoir soin de bien indiquer celle des deux primes qu'on
choisit ;

2° L'abonnement, avec les deux primes, coûte, pour Paris,
*¥ Cf., et pour les départements, S fr. 50 c.

BOQUILLON

Vous connaissez tous Boquillon. Sa généalogie pourrait être
écrite en chansons. Je gage qu'il s'est appelé Vadeboncœur ou
Laramée au temps des Porcherons, du siège de Berg-op-Zoom,
des salamalecs doFontenoy et des grizettes qui gazouillaient à la
guinguette de Ramponneau :

Dans les gardes françaises
J'avais un amoureux !,..
M'est avis qu'il donna un solide coup d'épaule aux pignmtffçs
d'alors — qui prenaient la Bastille...
Puis :

Via F bataillon d' la Moselle en subqts !
Temps bizarre! Boquillon fait le tour de l'Europe sans se-
melles et gagne des batailles sans Cbasscpot! Le représentant a
dit : « Avec du pain et des cartouches on peut aller en Chine. Y n'a
pus parlé de souliirs! »
Plus tard

Voilions au salut de l'Empire 1
Les lettres à Simone sont datées de Madrid, de Vienne, de Ber-
lin, de Moscou...

A Waterloo, Boquuilîon se montre poète — une fois dans sa
vie — en trouvant une rime au mot perde,.,.

La Restauration le voit abandonner joyeusement les procès
sions et les jubilés pour marcher au Trocadéro...

En avant, Fanfan la Tulipe]

Gré mill' noms d'un' pipe! en avant!...

Arrivent Staouëli, Gonstantinc, les Portes do f\
Zaatcha...

Connais-tu la casque'le,
La casquette ?...

Aujourd'hui Boquillon, après avoir fredonné ; Voilà l'zuuzmt !
dans la neige sous les murs de Sébastopol, et sous lu soleil dans
les plaines de Solforino, roucoule, avec Simono, au fronton de
VEcîipse, le duo de l'amour vainqueur,

Ne le dérangeons point dans celte douce occupation !

Malgré son air naïf, Boquillon est terrible !...

Quand on le tarabuste, sa colère est mortelle; qu'on soit Sou-
warow l'Invincible — ou le pharmacien de Melun !

Star,

BOURGEOISE D'ÉTÉ

— Et puis, il fait si chaud ! — Un !

— EL puis, après tout, il n'y a pas mal à coîa? — Deux !

— Et puis, toutes ces dames le font bien!... Trois I

— Et puis, on a beau être mariée,, être mère, il faut bien sui-
vre les modes, autant qu'on le peut, n'est-ce pasV... Quatre!

— Et puis, par ma foi.,.. Cinq!

— Et puis, enfin... je... ne suis pas.,, plus mal... faite...
qu'une autre... Six!

■e do ces nombreuse
a donnons, sons Cf/u'
ilt articuler on première ligne,..

Oh! mon Dion, rjQ rougissez pns!

Je vous approuve. Qovtoa, vous oie* aussi bien,que dis-je, mais
infiniment mioux faite que von meilleures amies,

Et je lo constate, avec un certain plaisir.

Allons, madame, un peu d'aplomb!

Je lo vois bien, c'est la première fois que vous vous déeollotoz
aussi.,, largement. Voue n'aller pas au bal, ou bien rarement,

Et vos youx mo disent, suppliants : «Je no suis qu'une potlto
« bourgeoise, c'est vrai, Go corsage transparent, on crêpe, no m'est
« pas familier, Mon cou, mes bras sont presque... nus... et si cela
h ne nie contrarie pas outre mesure, quo votl'0 regard s'arr^to
e avec complaisance sur Jours contours, oh! monsieur, croyez bien
« quo cela me gène horriblomonl. Je m'y l'oral, mais cela mo
« trouble énormément, altos, a

My,

un mot p explication

Puti, c'était une petite bouigoofeo svollo, vâtuQ rvm goût, en
noir.

J'étais assis en face d'elle, au sein de l'omnibus, comme dirait
Banville.

Et je la regardais par dessus mon journal, en feignant do
lire.

Elle s'était aperçue de ma ruse coupable, et comme ma pru-i
nclîc bleue et douce, mais railleuse, se promenait effrontément
sur ce qu'un corsage noir, d'une légèreté de tissu incroyable,
voilait, — au dire de la couturière, — cllo avait rougi, oh ! ma$s
rougi, comme ne rougit plus une dame habituée à valser dans les
bals des ministères avec de jeunes hommes ardents -— et très
bien mis du reste.

D'où cette conclusion : c'est une petite bourgeoise !

D'où également cette certitude : c'est la première fois que ces
bras parfaits et cette gorge charmante prennent l'air aussi genti-
ment.

Or, ayant fréquemment — sinon a quoi serviraient d'oxcellents
yeux? — regardé, d'abord le corsage, ensuite le cou qui le sur-
montait, puis la tête, puits le corsage indiscret, je vis à n'en pou-
voir douter a une dernière excursion du côté des belles paupières
de ma voisine, que ses regards un pou boudeurs signifiaient
clairement :

— « Je vais vous donner les raisons de cette toilette inusitée,
. EL alors les six motifs — très sérieux — énoncés plus haut,
m'avaient été soumis :

— « Il fait si chaud..., etc., etc.

Pauvre petits bourgeoise d'été! si pudique, si innocentel Va!
tu as bien raison de te mettre-., comme tout le monde. Tant pis
si ton mari grognon — il doit être grognon! — a murmuré ce
matin, pendant que tu passais ce délicieux corsage,

Oh! je sais bien, petite bourgeoise d'été, que tu as mûrement
réfléchi avant do commander à ta faiseuse ordinaire ce corsage
séduisant. Et, dans !c silence du cabinet... de toilette, tu te di-
sais :

— « Dois-je enfin faire connaîire aux pastants hardis eo quo
mou mari et mon enfant, seuls, ont vu, tous deux charmés, mais
pour des motifs bien différents? »

Oui, tu pesais ainsi dans la balance, balance féminine, une ba-
lance un peu faussée, les raisons pour et les raisons contre une
divulgation soudaine de tes charmes honnêtes.

Et les six raisons victorieuses, les six raisons de tout à l'heure,
était écloses dans ton esprit ;

— Il fait si chaud,.., etc., etc.

Eh bien, je lo répète, ô dame troublée par mes investigations,
— mettons impudentes, je le répète, c'est la sixième raison, oui,
la sixième, sournoisement énoncée avec hésitation:— «Et puis]
enfui, je ne... suis pas... plus hml... faite qu'une autre. » qui a fait
pencher la balance.

Le corsage a été commandé.

Ayant le corsage, il fallait le mettre.

Et vous l'avez mis, ô bourgeoise d'été, avec de petits sourires
de joie, et regardant dans la glace avec timidité.

Et pourquoi ne l'auriez-vous pas endossé, dites?

Ce que j'ai caressé de l'œil, avec calme, en sculpteur, n'en res-
tera-t-il pas moins la propriété do monsieur votre mari, et de
votre joli petit bébé.

Oui, n'est-ce pas?

Ah! si.....Mais il n'en est rien, ô vertueuse petite bourgeoise

d'été. Donc, personne n'a rien a. vous dire.

Mettez, mettez souvent vos jolis bras, vos épaules modestes à
l'air, sous le crêpe transparent d'un corsage.

Si vous ne le faites pas pour vous, que ce soit pour les pauvres

comme moi, qu'une obole de volupté intellect!

pour un jour.

tuelle ra

■ D'ailleurs, il fait si chaud.,, etc., etc.

U«™ »'H,Wltt,

FANTAISIE

Un vient do Juger un proces asscz migiml

Un propriétaire, qui a loué une partie, de son 1
m-, voulut interdire à e0 dernier le droit d'afli 1 ' "" «
«lo» à Postérieur do la maison, alléguant qu'en i Sa P™fe
son appartement, il no louo uns 1» «ak n.. ~L "TOnl 1 i»i|

"w^i ""^guauc qu en
son appartement, il no louo pas le côté du mur „„■ .
rue. 1 don

-si» h

,', Le tribunal a décidé qu'un perruquier qui naieSOânn,
[lo loyer pour un entresol do doux pièces, aurait ton i's
tin monde à payer cette somme sur les bénéfices de PCill,;i

Cheveux à cinq sous, si on ne lui permettait do fair* C°°W«
que dans l'intérieur do tuyau do son poêle. ' ' pilMi#

,", Le propriétaire en question pousse l'amour de 1
rlo do son immeuble a, un haut point. c0'"*

Il ne veut pas qu'un écriteau mercantile vienne m ,
d'ceil do sa façade. g™r 'e cou,

Il consent a loger des perruquiers, mais il veut
briter sous son toit que des rentiers millionnaires 1

Belle Irno!,,,

, . Et même... c'est bien plus fort.

Quelqu'un qui se prétend très-bien renseigné m'afïim,.
Vautour-artiste est tellement persuadé de la souillure «""
son immeuble par une annonce quelconque, que lorsqu'il "
plusieurs appartements vacants, il aimo mieux les „ar," "" °"
pendant onze termes quo de poser un écriteau il sn „». C""'8
cliquer qu'ils sont a louer. ' P tCm<">-

,*, Est-ce vrai?

Je ne veux pas on douter un seul instant.

Il mo semble impossible qu'un homme assez délicat un
pas tolérer quo l'on déshonore ses moellons en écrivant dess" m

« BARBE ET FRICTION. - 0,30 centimes. »
puisse se résoudre à masquer les sculptures do sa porte cochers
par un ignoble petit carton portant ces mots :

A I.OUKR PRÉSENTEMENT

Petit coffre à bois au 8™ au-dessus de 2 entresols
composé de 6 pièces, prenant jour et air '
par une septième habitée par un tanneur
Prix : 4,800 francs.

.*, l'om «ire propriétaire, on n'en est pas moins artiste et l'on
ne saurait trop imposer a. ses locataires, quand ils exercent ni»
industrie, l'obligation do s'en cacher avec le plus grand soin, afin
d'attirer la pratique.

.*, On mo dit môme — mais c'est peut-être un cancan-que
lo héros du procès dont nous nous occupons, serait à la veille ilt
prendre une nouvelle mesure en vertu do laquelle les commet
canin a qui il louerait à l'avonir, contracteraient l'obligation,noa-
souloment de tenir cachés leur nom et leur profession; mais en-
core d'en adopter do fictifs pour se faire adresser leurs lettres!
leurs journaux.

^ Ainsi, par exemple :

lin monsieur Pnrandin, fabricant do jarretières, qui est sur le
point do louer dans la maison en question, se tate depuis quinze
jours parce qu'on veutlui imposer l'obligation de se faire inscrire
chez lo concierge souà lo nom do :

M, de Suint-Albin, attaché à la léijution du Ilmmre.

/ .Muniûour Durendin craint que cette appellation ne lui faci-
lite pas l'écoulement do ses jarretières.
L'affaire est la,

Léon Bienvenu,

CATHOLICISME ET CORDONNERIE

* La réclame industrielle a cela do commun avec lo SflpWJÏj'
Thérésa qu'il n'y a rien de sacré pour elle.

Un cordonnier, que. je ne nommerai pas pour ne pas lo désigna
trop clairement aux foudres de M. Dupanloup, a imaginé wi
genre de publicité catholico-commorbiale dont il inonde Parie
cinq ou six fois par an, aux veilles des grandes fêtes de t'bglisCi
et qui est un joli composé de foi chrétienne et de cuir verni.

*t C'est ainsi que, cette semaine, on a pu voir sur tous les
murs de la capitale où il n'était pas défendu de déposer des or.

LES AMOURS DU FUSILIER MIDOU (suite)

Par GÉDÉON

Toute la chambrée répondit : Qu': c'est l'amour?

Qu'est-ce que si e"b V» !'a°"""
Objekt
Titel: L' Eclipse: journal hebdomadaire politique, satirique et illustré
Detail/Element: Les amours du fusilier Midou (suite) - par Gédéon
Künstler/Urheber: Gédéon  i
Inv.Nr./Signatur: Truebner 2
Aufbewahrungsort: Universitätsbibliothek Heidelberg  i
Schlagwort: Satirische Zeitschrift  i
Uniform <Motiv>  i
Karikatur  i
General  i
Infanterist <Motiv>  i
Kopfbild  i
Kopf <Motiv>  i
Soldat <Motiv>  i
Mann <Motiv>  i
Liebe  i
Frankreich  i
Bismarck, Otto von  i
Schlagwort Liste: Second Empire
Beschreibung: Bildunterschrift:
"Toute la Chambrée répondit: Qui c'est l'amour?"
"Qu'est-ce que ça gné qué l'amour?"
Herstellungsort: Paris  i
Bildnachweis: L' Eclipse: journal hebdomadaire politique, satirique et illustré, 1.1868, Nr. 19, S. 82_2
Aufnahme/Reproduktion
Urheber: Universitätsbibliothek Heidelberg  i
HeidICON-Pool: UB Französische Karikaturen  i
Copyright: Universitätsbibliothek Heidelberg
Bild-ID HeidIcon: 149167
loading ...